Cameroun – Santé. Formations sanitaires privées: Plus de 3000 clandestins épinglés

Les opérations de fermeture des établissements non conformes ont démarré lundi dernier à travers le pays.

La sensibilisation vient de céder le pas à la répression. Le ministère de la Santé publique (Minsanté) a décidé de passer à l’étape supérieure en déclarant la guerre aux formations sanitaires privées clandestines. Il vient à cet effet de procéder à la fermeture de cinq de ces établissements illégaux dans les régions du Centre et du Nord- Ouest. Il s’agit là d’un long processus initié par le Minsanté en mars 2016, où l’on avait détecté 2 288 établissements sanitaires fonctionnant dans l’illégalité et 75 autres identifiés sans région d’implantation sur l’ensemble du territoire. Comme pour démontrer la profondeur du mal, l’on dénombre à ce jour 3058 formations sanitaires privées illégales. Toutes sont frappées par un ordre de fermeture. En procédant à cette opération d’assainissement, le ministère de tutelle veut amener les formations sanitaires concernées à régulariser leur situation administrative. Si certains promoteurs de formations sanitaires privées, laïques ou confessionnelles opèrent en toute légalité, tel n’est pas le cas pour un bon nombre. Ils exploitent pour la plupart, des locaux à usage d’habitation pour exercer leurs activités. Ceci à tout bout de rue ou dans les quartiers à forte concentration de populations à faibles revenus. Ces centres de santé clandestins sont spécialisés dans la prise en charge des malades ou dans la formation du personnel soignant. Dans l’un des centres de santé visités hier matin au quartier Melen à Yaoundé, une plaque renseigne sur les différents services offerts : analyse médicale, petite chirurgie, consultation médicale, accouchement et autres. Le logement présente des murs délabrés et pourtant, on se croirait dans un hôpital miniaturisé. Ce qui était supposé être des chambres a été transformé en salles de consultation, d’accouchement, d’hospitalisation ou en laboratoire d’analyses. Le service ici étant assuré par quelques hommes en blouse blanche, qu’une dizaine de patients attend. Difficile cependant d’en savoir plus sur leur niveau de formation. Si certains malades se contentent de leur prise en charge dans ces centres illégaux, d’autres, par contre, en gardent des souvenirs douloureux. « J’ai perdu ma petite soeur dans des conditions troubles dans l’un de ces endroits. Elle était à terme et la césarienne s’imposait pour sa survie. La formation sanitaire, bien que ne disposant pas d’un plateau technique adéquat, a quand même pris le risque de l’opérer. Elle n’a pas survécu », confie un habitant, l’air attristé.