Cameroun – Saint-Eloi Bidoung: « Le maire veut bâtir sa réputation sur moi »

En fin de semaine dernière, le directeur de la rédaction de Cameroon Tribune a dépêché chez moi un de ses reporters, avec pour tâche d’enquêter sur la crise à la mairie de Yaoundé Viè, consécutive à l’annonce de ma candidature pour la présidence du RDPC.

A l’arrivée, je constate avoir été pris au piège de la bien-pensance, le quotidien à capitaux publics ayant décidé de mener une sorte d’enquête à charge contre ma personne. Afin que nul n’en ignore, je vous fais tenir ci-dessous la version que le reporter m’a renvoyée après le décriptage, sur laquelle j’avais donné mon OK et qui n’a jamais été publiée.

Eloi Bidoung: «Je ne suis pas à mon premier fait d’arme».
On vous en attribue la responsabilité du malaise qu’on observe en ce moment dans la section RDPC du Mfoundi VI. Qu’en dites-vous ?
Le président de la Section Rdpc de Mfoundi VI, par ailleurs Maire de la Commune d’Arrondissement de Yaoundé VI, le Dr Paul Martin Lolo, a convoqué une réunion des  bureaux de sections, élargie aux présidents de sous-sections en son domicile le 13 juillet 2016. Un seul point était  à l’ordre du

jour: la rédaction d’une motion de désolidarisation des militants à ma candidature à la présidence nationale du RDPC. Bien que n’ayant pas été convié à cette rencontre, j’estime que cela aurait été  une occasion pour le président de section, en tant que dirigeant, d’interpeller d’autorité  son militant sur ses motivations. Les débats auraient été très houleux entre ceux qui ont carrément marqué leur désapprobation par rapport à l’initiative du Maire, d’une part; et ceux qui estimaient les actes d’un militant de base était de la compétence du  président du comité de base. En l’occurrence le comité de base  de Melen A.  D’autres encore  ont rappelé que je n’étaiS pas à mon premier fait d’arme  en la matière.
En effet, en 2011, j’avais eu la même ambition. La section RDPC du Mfoundi VI avait  organisé un conseil de discipline. Un blâme m’avait été infligé pour avoir « osé » de me porter candidat contre  le président national. En plus d’une suspension de toute action politique pour une durée de 18 mois et recommandation au Comité central d’aggraver la sanction par une exclusion au parti. Tout cela ne m’a pas empêché de présenter une liste à l’élection municipale de 2013. Ma liste fût  disqualifiée puis validée après introduction d’une requête au Comité central. J’ai été investi conseiller municipal dans une liste consensuelle, puis élu 3ème adjoint au Maire de Yaoundé VI. Ce précédent a été abondamment rappelé par certains participants à la réunion du 13 juillet 2016, dans le but de dissuader le Maire. La réunion s’est terminéE en queue de poisson. QuelLE n’a pas été la surprise des participants à la réunion de se voir associer à une motion de désolidarisation remise à la presse par le Maire. Ce dernier aurait malicieusement concocté en catimini cette forfaiture et voulait se servir des militants comme caution à son initiative. Où est ma responsabilité dans cette malheureuse situation? Le maire veut bâtir sa réputation sur moi.

Il vous reproche votre démarche qui bafoue les règles du parti et votre démarche bruyante et accablante…
Dans la perspective du prochain congrès du parti, j’ai écris au comité central et au président national pour manifester mon intention de me présenter. C’était une lettre ouverte publiée dans le journal Mutations du 05 juillet dernier. J’ai utilisé cette démarche parce que j’ai un précédent. En 2011, le Ministre René-Emmanuel Sadi, alors Secrétaire général du Comité central, n’avait pas donné une suite à une demande d’audience que je lui avais fait parvenir. J’avais donc opté de lui communiquer mon intention de candidature par exploit d’huissier. Malheureusement je n’ai été pas admis  au congrès pour défendre ma candidature. Cette fois-ci j’ai décidé d’utiliser  le quatrième pouvoir, la presse. On ne peut plus ignorer mon intention puisque l’opinion en est informée.

Cette ambiance dans la section du Mfoundi VI influence-t-elle le travail à la mairie ?
L’ambiance de travail n’a pas changé. Malgré les représailles dont je suis l’objet, à savoir: la rétention indue de mes indemnités de fonction et la suspension des microprojets de développement du secteur Melen dont j’ai la charge. Tous les adjoints au Maire vaquent à leurs occupations  habituelles dont l’essentiel est la signature des actes et des copies. C’est une tâche à laquelle le Maire à confiner ses adjoints. Malgré tout cela l’exécutif communal de Yaoundé VI déplore l’absence de collaboration  entretenu par  le Maire et plusieurs écarts dans la gestion des recettes et du patrimoine de la Mairie de la part du Maire. Je redoute d’ailleurs une probable descente de la Conac, de l’Anif ou du Contrôle supérieur de l’Etat pour voir clair dans les ténèbres managériales de la Commune de Yaoundé VI.

Eloi Bidoung, militant de base du RDPC, adjoint au maire de Yaoundé VI