Cameroun – Rentrée scolaire: pas d’affluence devant les librairies et magasins

Les parents décrient le manque de moyens financiers et ne sont pas toujours fixés sur certains manuels au programme.

Mercredi 26 août. Yaoundé, Biyem-Assi, marché Accacia. Il est environ 11h. Les librairies et comptoirs de vente de manuels scolaires, ouverts depuis les premières heures de la matinée, ne drainent pas des parents et élèves. Pourtant, l’offre en cahiers, livres et autres fournitures devant servir à la scolarisation des enfants, est forte, de la 6e en classe de Terminale, sections francophone et anglophone. Certains parents achètent, alors que d’autres ne sont encore qu’au stade de l’évaluation des prix pour mieux se préparer et revenir plus tard.
«C’est ma première fois de préparer une rentrée scolaire»,avoue Prisca Géraldine. Et d’ajouter : «Pour le moment je viens acheter le nécessaire, le reste j’achèterai tout au long de l’année, car son père n’a encore rien dit. Je suppose qu’aprèsla rentrée, les prix des sacs vont baisser, progressivement». Pour un autre parent rencontré plus loin : «Les prix n’ont pas tellement changé par rapport à l’année dernière.Ma fille va en Première C et je compte d’abord acheter les manuels qui coûtent moins chers. On verra la suite après a Crédit>>.

Autre lieu, même ambiance. Au marché central de Yaoundé, les parents ne se bousculent pas encore devant les rayons spécialement aménagés pour les manuels scolaires. Pour ce libraire : «Certains parents, comme d’habitude,parlent des prix. D’autres attendent la dernière minute». Par contre, non loin de là, un commerçant reconnaît que : «Les gens hésitent encore parce qu’ils ne savent pas quels sont les livres réellement inscrits au programme cette année. Pour une même matière, on peut retrouver 4 livres sur le marché»,Aziz Fokouo, parent d’élève, ne sait pas à quel saint se vouer. Il lance «Le marché du livre cette année est une véritable anarchie. Non seulement on change les livres chaque année, mais également, on nous embrouille avec ces multiples livres pour une seule matière. Je ne sais vraiment pas quoi acheter pour l’instant». Et d’ajouter : «J’attendrai une semaine après le début des cours». Par ailleurs, certains commerçants grossistes déplorent une pénurie de certaines marques de cahiers très prisées par la clientèle.

D’autres parents, plus nombreux, justifient ce manque d’embouteillage par le manque de moyens financiers. Plusieurs ont sollicité des crédits scolaires  auprès de leur banque, microfinances et tontines, sans succès. En revanche, Roger Onana, père de quatre enfants, se réjouit: «j’ai pu obtenir un crédit scolaire. Je suis chanceux, car beaucoup de mes amis n’ont pas eu cette chance». A l’observation, tous les élèves n’emprunteront pas le train de la rentrée le 7 septembre.