Cameroun – Reconstitution: Comment le comptable de Somatel a été tué

Les deux présumés assassins d’Alain Nkouantcha Thoyanbana ont été interpellés le 9 octobre dernier par la police.

Les malfrats ont une fois de plus semé la terreur à Nkol-anga, une localité située dans le département de la Mefou-Afamba (Mfou), à moins de deux kilomètres de Yaoundé. Dans la nuit du 5 au 6 octobre 2016, Alain Nkouantcha Thoyanbana, comptable en service à l’hôtel Somatel à Yaoundé a été froidement abattu à son domicile, derrière le campus de l’Institut africain d’informatique (Iai). Les présumés assassins de cet homme de 50 ans sont deux frères qui louaient une chambre juste à côté du domicile de la victime. Jean Donald Ze, 23 ans, et son jeune frère Bienvenue Ondoua Asseng, 18 ans, se sont servis d’un fusil de chasse pour abattre le comptable de l’établissement hôtelier. Les deux frères ne sont pas à leur premier forfait apprend-on. 237online.com Les circonstances de ce drame racontées par les deux présumés assassins hier, 18 octobre, lors d’une reconstitution des faits au lieu

du crime ont créé l’émoi au sein des populations de Nkol-anga où il ne se passe plus un jour sans que l’on enregistre un cas de braquage à main armée. La reconstitution des faits s’est déroulée en présence du commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé et du chef de la division régionale de la Police judiciaire du Centre, le commissaire principal Aimé Raymond Evina. C’est dans la journée du 6 octobre dernier que les populations de Nkol-anga ont retrouvé le corps sans vie d’Alain Nkouantcha Tchoyanbana dans le puits qu’il avait creusé non loin de sa résidence pour se ravitailler en eau. Au moment de cette découverte macabre, le puits en question était fermé à l’aide d’un cadenas. Une roulade utilisée par les malfrats après avoir commis leur forfait. Mais lorsqu’ils traînaient la victime pour la jeter dans le puits, les traces de sang sont restées au sol. Et c’est grâce à ces marques que les populations ont pu retrouver le corps. Absence de brigade Les faits tels que racontés par les présumés assassins se sont déroulés dans la nuit du 5 au 6 octobre vers 22h. Ce soir-là, la victime qui vivait seule dans la maison qu’il venait d’achever de construire revenait de son lieu de service. Avant qu’il n’entre chez lui cette nuit-là il n’a pas pu se rendre compte que les malfrats l’attendaient déjà sur place. L’un des présumés malfrats explique : « On était caché dans le champ de maïs. Après avoir garé sa moto, il a ouvert sa maison. Au moment de la refermer, nous l’avons intercepté et nous sommes entrés dans la concession. Nous lui avons demandé de nous donner sa mallette. Il a voulu avancer vers nous et j’ai tiré sur son ventre. Il a commencé à se tordre de douleurs en s’enroulant au sol. Nous sommes partis nous cacher. Quelques minutes après, nous sommes venus le porter pour le jeter dans un puits ». Les voisins disent avoir entendu le bruit d’un coup de fusil cette fameuse nuit du 5 au 6 octobre. Mais par peur d’être pris à leur tour par les malfrats, ils n’ont pas pu porter secours à la victime. Les présumés assassins ont emporté l’ordinateur portable de la victime et une mallette contenant des documents professionnels. Les deux présumés assassins ont affirmé aux enquêteurs ue ce crime avait été commandité par un certain Bernard Roussel, habitant de Nkol-anga qui leur aurait promis 10 millions FCfa si les deux frères lui livraient Alain Nkouantcha Tchoyanbana mort. Bernard Roussel a été interpellé. Il nie les faits qui lui sont imputés par les présumés assassins. L’enquête est toujours en cours pour connaitre les mobiles du meurtre du comptable de l’hôtel Somatel et le commanditaire de cet acte. L’année dernière, un officier de police avait été abattu à Nkol-anga par des malfrats. Le flic était sorti pour apporter du secours à son voisin qui se faisait dépouiller. Toujours en 2015, un garçon de 15 ans avait trouvé la mort lors d’un braquage survenu au domicile de ses parents. Les populations riveraines expliquent la récurrence des braquages dans cette localité par l’absence d’un commissariat ou d’une gendarmerie.