Cameroun – RDPC: Nkueté accusé de pousser les militants vers l’opposition

Son soutien à la candidature de Célestine Ketcha Courtès déchaine les passions dans les rangs des militantes de la base, sur fond de menace de repli dans l’opposition, au cas où elle venait à être définitivement retenue et élue sous influence du Comité central.

Dans la section Ofrdpc Ndé-nord, l’élection du nouveau bureau de la section, prévue le 28 novembre prochain s’annonce électrique. A Bangangté, de nombreuses militantes crient au scandale, depuis que la candidature de Mme la Maire a été validée, dit-on, sur instruction de la haute hiérarchie du Comité central du Rdpc. Manifestement, et selon des sources introduites, la commission départementale de renouvellement avait donné des gages de la non validation de la candidature à polémiques de la liste de dame ketcha Courtès, tête de liste, empêtrée dans de nombreux scandales qui frisent l’immoralité, selon ses concurrents. On était sur le point de jubiler dans le camp d’Eugénie Ngatchou, le chef de file de la liste rivale et présidente sortante de la section, lorsque l’annonce de la validation de la liste de Mme le Maire de la ville a été rendue publique la semaine dernière. D’après des indiscrétions qui fusent dans les milieux politiques à Bangangté, c’est depuis le comité central à Yaoundé qu’instruction aurait été donnée pour que cette liste, qui souffrait de l’image mal polie de Célestine ketcha Courtès, plombée par des procédures judicaires bien qu’encore pendantes devant les juridictions, soit retenue. Référence à l’affaire « Queen Fish Compagny S.A. », pour laquelle elle avait été condamnée en instance, puis en appel, à un an d’emprisonnement avec sursis pendant 3 ans, et à une forte amende, avec à la clé, mandat d’incarcération établie à l’audience pour les condamnations pécuniaires. Bien qu’un pourvoi soit introduit à la cour suprême et attend encore son dénouement, ces condamnations récurrentes suffiraient à entacher la candidature de Mme le maire d’un vernis d’immoralité, selon ceux qui veulent exalter les vertus de probité et d’intégrité que prône le parti de la flamme ardente. A ces condamnations, s’ajoutent ses démêlés avec le préfet des céans, qui ne favoriseraient pas l’harmonie dans les relations entre l’unité politique et l’autorité administrative. 237online.com Des arguments que scandent de nombreuses militantes manifestement désabusées par ces instructions prétendument venues du Comité central. Et déjà, au-delà de la validation de cette offre de candidature, beaucoup de militantes et observateurs redoutent les résultats du scrutin à venir le 28 novembre prochain, du fait de l’immixtion de la hiérarchie du comité central dans le processus, toute chose qui va à l’encontre de ses propres instructions et directives. Des voix s’élèvent pour menacer d’un repli massif dans l’opposition au cas où la candidature de ketcha Courtès venait à prospérer, avec l’appui insidieux de ceux qui gèrent le parti depuis le Palais des Congrès à Yaoundé.
Logique de positionnement
En attendant, des observateurs s’interrogent sur le jeu trouble du Comité central, que pilote Jean Nkueté dans son rôle de Secrétaire général, dans les élections au sein de cette section, surtout que de façon officielle, la hiérarchie du parti de la flamme ardente s’est toujours refusée d’intervenir dans le processus en cours. Beaucoup n’hésitent pas à y voir la manifestation d’une velléité de leadership de préséance et de positionnement entre Jean Nkueté, le Secrétaire général du Comité central, et les autres grandes élites politiques de l’Ouest.
Cela se dit de plus en plus dans les milieux autorisés, les relations entre dame Courtès et de nombreuses élites politiques de Bangangté, qui avaient épaulé Mme le Maire pour son élection en 2007, ne sont plus au beau fixe. Surtout que selon les commentaires qui font florès à Bangangté, Mme le Maire rappelle à qui veut l’entendre que rien ne pourra l’arrêter dans son ascension, laissant présager qu’elle dispose de coudées franches dans son obsession « pouvoiriste ». Suffisant pour de nombreux observateurs de s’interroger sur le sens de son agitation, sur fond d’outrecuidance grandissante, au point vouloir piétiner même le préfet de la ville, selon des accusations qui fusent. De quoi donner crédit aux supputations qui laissent entendre que Nkueté utiliserait là Courtès pour faire ombrage aux autres élites de la région de l’Ouest dans une logique de positionnement. Une telle guéguerre servirait-elle alors les intérêts du parti gouvernant ? Question de conscience.