Cameroun-Rca :La circulation coupée à Bombé

Le tronçon qui relie les deux pays est difficile d’accès depuis le début de la saison des pluies.

La circulation entre le Cameroun et la République centrafricaine (Rca) est complètement coupée au niveau de Bombé, unité administrative du département de la Kadey à l’Est. Il s’agit d’une portion de la route nationale n°10 longue de 90 kilomètres, qui part du carrefour dit Kwélé jusqu’à Kentzou, dernière ville frontalière entre le Cameroun et la Rca et chef-lieu de l’arrondissement de la Bombé.

Parmi les villages intermédiaires situés sur le tronçon en question, l’on peut noter Lolo et Mbilé, qui abritent deux grands camps des refugiés centrafricains depuis début 2014. Du coup, ce mauvais état de la route pose un sérieux problème aux organisations humanitaires qui interviennent dans ces sites d’accueil des déplacés de guerre de la crise centrafricaine. Dans la matinée de samedi 24 octobre 2015, aucun véhicule en partance ou en provenance des deux pays ne pouvait circuler sur ce tronçon désormais en ruine. Sur les lieux, l’on dénombrait une vingtaine de camions grumiers chargés de bois en provenance de la Rca, qui étaient d’aucuns bloqués dans des bourbiers, ou carrément couchés sur la chaussée pour d’autres. «Il va falloir qu’on décharge le bois que transportent ces camions pour que l’engin dépêché dans notre base en Rca vienne soulever nos trois grumiers bloqués et libérer la chaussée», indique l’un des chauffeurs victimes. Ce même jour, les chauffeurs d’une mission du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en provenance de Kentzou pour Batouri ont eu du fil à retordre pour parcourir ce chemin de croix long de 120 kilomètres. «Nous avons fait plus de quatre heures sur cette petite distance, malgré nos voitures 4×4», explique un membre de l’équipe. Comme solution alternative, tous véhicules en provenance de Batouri et en partance pour la Rca via Kentzou étaient obligés de contourner par l’arrondissement de Ndélélé, en traversant le bac sur le fleuve Kadey pour rallier Kentzou. Une option visiblement compliquée pour les gros porteurs chargés de marchandises commerciales et industrielles et ceux en provenance de la Rca, chargés du bois pour le port de Douala. Cette situation qui dure depuis le début de la saison des pluies ne facilite pas les transactions commerciales entre les deux pays.

Blocages

Au ministère des Travaux publics (Mintp), la situation est connue et l’on affirme sous cape que «c’est depuis trois ans que cette route n’a jamais été entretenue. Un marché a été passé depuis 2014. Seulement, le montant de l’enveloppe qui s’élève à 500 millions s’avère insuffisant. Raison pour laquelle la procédure de passation dudit marché a été reprise», souffle notre source qui ajoute : «Pour des mesures d’urgence, la société United Transport Africa (Uta) qui utilise cette route pour le transport du bois, a saisi le gouverneur de l’Est pour obtenir une autorisation spéciale pour les travaux de réaménagement en attendant que ledit marché soit passé». Ladite société, apprend-on effectuera les travaux à ses frais sous le contrôle technique de la délégation régionale des travaux publics de l’Est. Seulement, le souhait des responsables du Mintp est : «Compte tenu du fait que notre ministère n’intervient plus directement dans la maintenance des routes, il est souhaitable que les sociétés forestières qui utilisent ces pistes au quotidien soutiennent le gouvernement dans ses efforts».

Rappelons au passage que depuis la fin du programme d’entretien triennal des routes en terre battue en 2006, plusieurs routes de la région de l’Est sont tombées en ruine à cause des retards des procédures de passation des marchés d’entretien courant des routes entre l’Etat et les entreprises.