Cameroun : Prostituées et bandits dictent leur loi à yaoundé

Depuis quelques années, au 2ème carrefour Emombo, être à pied, de nuit dans ce secteur, signifie se faire détrousser par les bandits en complicité avec les prostituées qui hantent le coin.
L’édile de Yaoundé IV avait pris des mesures pour garantir la sécurité de ses populations et de leurs biens. Mais le quartier dit 2ème carrefour Emombo est devenue le nid des gangs. Mais aussi des professionnelles du sexe. C’est pourquoi il serait nécessaire de démolir certains locaux qui servent de repaire et abris pour les bandits et les praticiennes du plus vieux métier du monde. Malgré les mesures institutionnelles, force est de constater que le commerce du «sexe à ciel ouvert » persiste au quartier Emombo comme dans bien d’autres coins de la capitale camerounaise.
Les objectifs fixés ne sont, nullement, atteints. Aujourd’hui, au 2ème carrefour Emombo, les prostituées et les bandits semblent être plus nombreux que les commerçants. Selon les témoignages d’un habitant du quartier, les prostituées d’Emombo sont ces femmes, ces filles, ces jeunes qui se confondent dans la journée en tenanciers de call-box ou se déguisent en coiffeuses et une fois la nuit tombée, changent de métier. Dans la nuit, le 2ème carrefour Emombo devient le marché mondial, entendez le marché des putes.

Des dizaines de filles, de toutes les tailles, tous les âges, toutes les couleurs vendent leurs charmes à des prix défiant toute concurrence. Les devantures des magasins sont devenues des magasins du sexe où l’on achète et consomme sur place, et parfois même des domiciles privés font office d’auberges. Aussi, debout au bord de la rue ou assises dans les bars, à l’entrée des auberges et des maisons, ces filles deviennent les complices des bandits dans la nuit.

Vous passez dans ce coin à une certaine heure, une jeune fille vous accoste, vous propose de vous faire voyager pour le 7è ciel et deux secondes plus tard vous causez comme de vieux amis, dix secondes après, des individus apparaissent de nulle part, vous coincent contre un mur avec un couteau ou une machette sous la gorge. L’un de tes agresseurs te lance « Vide tes poches rapidement ! ».Si vous êtes dans l’un des nombreux bars qui jonchent la ligne Total Emombo à Terminus Mimboman et que vous voulez vous soulager, il est préférable de faire la queue comme tout le monde dans les toilettes très mal entretenues du bar.

Au cas où vous vous éloignez un peu du lieu de réjouissance pour vidanger la vessie, vous serez curieusement surpris, alors que vous sortez votre engin pour vous libérer, de la présence des autres individus « pisseurs », sortis de l’obscurité avec un timing trop précis pour laisser une once de place au hasard. Quelques secondes après, vous vous retrouvez le couteau à la gorge, en train de vous faire palper par vos bourreaux. Ces individus sans foi ni loi vous plument au point où vous n’aurez plus de quoi rallier le domicile familial.

Un chauffeur de taxi nous a révélé qu’il y a une semaine, après une dure journée de travail, voulant satisfaire les appétits sexuels de son bas ventre en manque auprès d’une « pharmacie de garde » à Emombo, a pris avec lui sa sacoche contenant toute la recette de la journée. Il n’avait pas encore fini d’apprécier les formes rondes de la cavalière de nuit souhaitée, qu’un malabar armé d’un incroyable couteau sort d’un couloir, arrache sa sacoche et disparait dans le noir sans dire au revoir.
Le hic est que cette partie du quartier est à quelques pas de la brigade de recherches d’Emombo. Malgré la présence de cette unité de sécurité, les populations du coin sont victimes d’attaques toutes les nuits ou presque. Une seule nuit ne passe sans qu’un paisible citoyen ne soit agressé aux alentours d’Emombo. Aussi, «la prostitution à ciel ouvert » dépasse l’entendement.

Les prostituées et leurs clients n’hésitent pas à faire «le jeu de jambes en air» dans la rue ou dans les voitures. Le plus inquiétant semble être la complicité qui existe entre ces prostituées et les bandits. Les premières accueillent le client et le retardent avant que n’arrivent les seconds pour le «dépouiller» de ses biens. Il est temps que les autorités mettent fin à cette insécurité, de plus en plus, grandissante.