Cameroun – Projet Sida: Détournement de près de 400 millions de FCFA à la faculté de médecine de Yaoundé.

3 anciens employés de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB), sont accusés d’avoir détourné une partie de l’argent alloué au Cameroun par l’Union Européenne (UE) dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, le FMSB/EU/AIDS project.

Victor Mukeba Sone, Judith Ngambong Abongwa et Mercy Dokia Etaga Ntoh, sont tous les trois poursuivis pour complicité de détournement de deniers publics supposé d’environ 348 millions de FCFA, par le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT). Les coaccusés sont en fuite.

A en croire le journal Kalara du lundi 26 octobre 2015, le 26 mai 2001, par le biais du MINEPAT, le Cameroun a signé un accord de financement de l’UE à hauteur de 1,525 milliard de FCFA pour le financement de la formation de 250 techniciens de laboratoire spécialisés dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA.

Un compte de la NFC Bank, qui devait uniquement être mouvementé par virements bancaires est ouvert. Feu Peter Ndoumbe alors doyen de la faculté est l’unique signataire du compte dans lequel les fonds sont versés, et «les locaux d’un projet mort-né, (le centre d’étude et de contrôle des maladies transmissibles) dont Peter Ndoumbe était par ailleurs coordonnateur vont servir d’installations au FMSB/EU/AIDS project».

En juillet 2007, l’Agence Nationale d’Investigation (ANIF), saisi le procureur général du Mfoundi en dénonciation. Il y est indiqué qu’ «un vaste réseau de détournement de fonds publics assortis d’un blanchiment d’argent en bande organisée est orchestrée par Peter Ndoumbe, Victor Mukeba Sone, JudithNgambong Abongwa et Mercy Dokia Etaga Ntoh».

L’expert judiciaire chargé de l’enquête Delon Dissack dit avoir relevé de nombreuses irrégularités à partir du compte bancaire du projet ouvert. Il a évalué les «écarts à plus de 438 millions de FCFA».

«Peter Ndoumbe a produit son titre foncier comme garantie à la NFC Bank. Ensuite, quand lui-même ne décaisse pas les fonds, il signe les chèques aux trois accusés pour des retraits en espèces à déposer soit dans l’un de ses deux comptes personnels ouverts à la NFC Bank et à la Standard Chartered Bank, ou alors dans celui du défunt projet du Centre d’étude et de contrôle des maladies transmissibles n’ayant aucun lien juridique avec le projet lutte contre le VIH-SIDA», tire-t-on des colonnes du journal.

Les accusés sont déjà passés aux aveux à l’enquête préliminaire mais ont pris la fuite par la suite. Selon les avocats de la FMSB et du MINEPAT, le compte de Peter Ndoumbe aurait servi de transit pour extirper l’argent du compte dans lequel se trouvaient les fonds alloués par l’UE. Les accusés se partageaient ensuite le magot. L’affaire a été reportée au jeudi 29 Octobre 2015 pour que le tribunal requalifie les faits de l’accusation, vu que les concernés sont désormais des fugitifs.