Cameroun – Prises d’otages : Le phénomène ébranle l’Adamaoua

Il ne se passe quasiment pas de mois sans rapts dans la région. Les autorités sont sur le qui-vive. Les chiffres donnent froid au dos. L’Œil du Sahel paru le 22 mars 2017 indique que « selon des sources introduites au BIR, entre novembre 2016 et février 2017, l’on a enregistré 36 personnes enlevées dont 13 tuées par les mêmes ravisseurs. Pendant cette même période, les éléments du BIR ont interpellé 11 suspects, libéré 15 otages et saisi 22 armes de guerre dont deux de fabrication artisanale, 58 boîtes de chargeurs et 1737 munitions ».

Cet état de lieu donne un léger aperçu de l’ampleur du phénomène. Toujours selon notre confrère, « la Brigade d’Infanterie Motorisée (BIM), très active sur le terrain, a dénombré en 2016, 164 personnes enlevées même si 177 ont été libérées ». Cet écart, renseigne une source sécuritaire, se justifie par le fait que parfois le nombre de personnes prises en otage est supérieur aux chiffres annoncés. Le 14 mars dernier par exemple, 3 personnes ont été enlevées dans le village Saltaka dans le département de la Vina. Dans le même village, un certain Alhadji Mohamadou a passé environ 7 mois en captivité. Pour recouvrer la liberté, il a dû verser une rançon de 20 millions de FCFA. L’argent semble en effet être le principal mobil de ces rapts.

Pourtant, fait savoir notre confrère, les pouvoirs publics ne restent pas les bras croisés. D’ailleurs, une baisse significative des enlèvements s’observent depuis 2016. Une source administrative informe que « dans la Vina, les années antérieures, la fréquence des enlèvements tournait autour d’une à cinq prises d’otages par semaine. Aujourd’hui l’on en est à une ou deux prises par mois ». Quoi qu’il en soit, le gouverneur de l’Adamaoua, Kildadi Boukar recommande la vigilance la plus absolue.