Cameroun: Près de 500 écoles clandestines à travers le pays

Le gouvernement s’attaque aux écoles clandestines. A la veille de cette rentrée scolaire, le ministère de l’Education de base (Minedub) avait recensé 263 établissements scolaires exerçant en toute illégalité et a instruit leur fermeture.

Les clandestins se recrutent en majorité dans les cycles maternels et primaires de l’enseignement privé laïc. Les griefs retenus contre eux restent les mêmes : absence d’autorisation de création et absence d’autorisation de fonctionnement. Le problème d’établissements clandestins apparaît à l’approche de chaque rentrée scolaire, laissant croire que le désordre est entretenu par des autorités qui trouvent leur compte dans cette situation.
Car chaque année, des dizaines d’élèves sont spoliés par des promoteurs véreux. La Minedub Youssouf Hadjidja Alim ne l’ignore pas. Encore moins l’implication de certaines personnalités de premier plan dans ce phénomène. En 2011, et alors que son département ministériel appelait à la fermeture de 176 écoles, c’est elle-même qui laissa entendre que «ces établissements clandestins bénéficient d’une manière ou d’une autre du soutien de certains agents de l’administration», annonçant par ailleurs des sanctions contre les complices de cette fraude. Des sanctions qui restent attendues. «Chaque année, l’Etat

dresse les listes d’écoles clandestines mais on est surpris de voir ces écoles fonctionner normalement après que les promoteurs ont graissé la patte à qui de droit», fulmine le président d’un syndicat d’instituteurs, Charles Koung.
La clandestinité n’est pas l’apanage de l’enseignement maternel et primaire. En 2014, le ministère des Enseignements secondaires a procédé à la fermeture 85 établissements scolaires aux motifs de «fonctionnement dans des maisons d’habitation en violation des dispositions de l’article 3 du décret 2008/3043 ; fonctionnement sans enseignants qualifiés et dans les locaux précaires ; violation des formalités légales de création et d’ouverture». Il est aussi reproché aux privés des constructions anarchiques à des endroits impropres (bas-fonds, zones marécageuses…) et le manque d’infrastructures adaptées (aires de jeu, laboratoires, cantine, salles d’informatique, etc.) Mais ils continuent d’exercer et, souvent, sont choisis comme centre d’examens officiels.