Cameroun – préavis de grève: Soupçons de manipulation à CAMTEL

Les derniers développements que vient de connaître l’affaire du préavis de grève du Synacom semblent indiquer que des manœuvres sont désormais de la partie.

Il est difficile de comprendre les postures et les motivations des syndicalistes dans le problème qui secoue actuellement la Camtel et pour lequel ils semblent poursuivre une cause commune. Ils auraient donc choisi d’emprunter des voies divergentes. Une situation déplorable qui, selon des observateurs, ne peut bénéficier qu’à la direction générale. Après avoir pris connaissance du contenu de la correspondance que lui a adressée le président de la section Synacom-Camtel, le président national de cette organisation syndicale, Pierre Louis Mouangue n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer les pratiques peu orthodoxes, selon lui, qui se trouveraient à l’origine de cette initiative. « Le Synacom n’a pas encore reçu cette lettre, d’où le manque de cachet de réception. J’y vois donc une manœuvre de déstabilisation du Synacom », tonne Pierre Louis Mouangue. Ainsi, alors que le président avait fait parvenir par lettre, le 21 septembre dernier, au directeur général

de la Camtel, une kyrielle de revendications des employés en dénonçant également le mauvais climat social qui règne au sein de cette entreprise, le président de la section locale a fait une sortie épistolaire pratiquement à l’opposé. « Il importe de vous informer que la situation que vous décrivez comme étant délétère, ne l’est pas du tout », écrit-il. Une attitude paradoxale et controversée qu’un autre responsable Syndical de Camtel attribue à la grande proximité entre Jean Manga Amougou et David Nkoto Emane, directeur général de Camtel, qui l’aurait contraint à signer cette lettre en usant de menaces. « C’est comme s’il l’a signée avec un pistolet posé sur la tempe », commente le syndicaliste. Un argument battu en brèche par le président de la section qui fait plutôt valoir l’objectivité. « Il ne suffit pas de défendre unilatéralement les droits des employés, mais il faut aussi considérer les intérêts de l’entreprise. Nous sommes conscients de la situation financière actuelle de Camtel, qui ne lui permet pas de tenir ses multiples engagements », se défend-il. Une autre frange dénonce l’acharnement de Pierre Louis Mouangue envers son ancien employeur. « Il fait tout cela parce qu’il a travaillé à Camtel, car il ne s’est jamais engagé avec la même détermination pour la défense des autres entreprises qui ont également des branches du Synacom, notamment la CRTV, Orange ou MTN, entre autres », indique une source. Vivement donc que la rencontre de ce matin et celle prévue demain avec le ministre des Postes et télécommunications, Mme Minette Libom Li Likeng, mettent un terme à cette partie de pingpong qui met en exergue les profondes divergences et les conflits d’intérêts qui existent au sein du mouvement syndical camerounais, et qui ne profite qu’aux employeurs. Ces derniers peuvent allègrement continuer à bafouer les droits des employés pendant que les responsables syndicaux se battent pour d’autres raisons.