Cameroun – Pont du Wouri: Petite tempête, grand retard

Après l’accident survenu sur le chantier, les délais de livraison sont remis en question.

Le 14 novembre 2013, Paul Biya est à Douala, pour la pose de la première pierre de construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri. Ce, dans l’espoir de revenir le  novembre 2016 pour l’inauguration de ce joyau architectural, devant remplacer un pont vieux de près d’un demi-siècle et appelé à devenir un monument de l’histoire nationale, comme le premier pont sur la Sanaga, dans la ville voisine d’Edéa. Mais, le chef de l’Etat camerounais ne sera pas à Douala en novembre 2016. Les travaux ayant pris un coup, faisant naturellement vaciller le calendrier.
Pas question d’indemnisation des riverains. Mais, ici, c’est un accident survenu le 23 janvier 2015. Un bateau a heurté le pont provisoire qui permettait de transporter les matériaux de construction. Par conséquent, les travaux ont été momentanément suspendus et une enquête ouverte. Les spécialistes parlant de dégâts majeurs. En mi-septembre dernier, les rapports indiquaient que les travaux étaient effectués à 47% pour une prévision à 57%. Soit un retard global de trois mois et demi. L’on pronostique déjà alors la fin des travaux, non plus en novembre 2016 ? Mais, probablement au 31 janvier 2018, pour une raison valable.

En effet, le 4 juin dernier, le chef de l’Etat a signé un décret habilitant le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, à signer instamment avec l’Agence française de développement (Afd) une convention de crédit d’un montant de 45 millions d’euros (environ 29,5 milliards Fcfa), devant les travaux du tablier principal et les aménagements périphériques dudit pont. Des travaux, qui, faut-il le préciser, ne figuraient pas dans le contrat initial. Le pont construit par consortium conduit par Sogea-Satom avec d’autres entreprises comme Lavigne Chevron, Eiffage, Greisch et Soletanche Bachi verra alors son enveloppe passer de 110 milliards Fcfa à 139,5 milliards Fcfa. Le budget du ministère des Travaux publics, pour le seul exercice 2015 n’est-il pas le plus important, avec 325,7 milliards Fcfa ! Pour le déroulement des travaux, le Minepat aura sûrement moins de soucis, lui qui apparaît comme le garant du développement du Cameroun.