Cameroun – Politique. Turbulences politiques: Le Sdf Littoral tire un canon dans le Sdf

Un virulent mémorandum vient d’être adressé au bureau national pour dénoncer certaines pratiques et complots des camarades. Et ceux qui l’ont signé ne sont pas des

anonymes : Joshua Osih, premier vice président national, député ; Jean Michel Nintcheu, président régional pour le littoral, député ; Théophile Kwapnang job, maire de Douala 3e, et une soixantaine de membres du Nec et du comité exécutif du Littoral.

A l’issue du comité exécutif régional qui s’est tenu à Douala le 25 octobre dernier, ses membres ont décidé, presqu’à l’unanimité, d’adresser un mémorandum au comité exécutif national du parti. Un véritable brûlot dont les échos agitent déjà le principal parti de l’opposition camerounaise. D’abord le décor :

« La situation politique turbulente mais fort heureusement maîtrisée que traverse la région du Littoral depuis janvier 2013 fait suite à une pétition montée de toutes pièces. Il nous est revenu qu’initiée depuis les cercles du pouvoir à Yaoundé et baptisée «A bas le Sdf Littoral », cette opération avait trois objectifs majeurs :

– Déstabiliser la démarche harmonieuse de l’exécutif régional concernant la préparation du double scrutin municipal et législatif de 2013.

– Empêcher par tous les moyens l’élection du Président régional Jean Michel Nintcheu et du Premier vice-président national, Joshua Osih qui était pressenti comme candidat à l’investiture aux législatives à Wouri Centre.

– Mettre à contribution autant que possible des camarades à l’intérieur du parti pour assouvir ces desseins. Débloquer à cet effet des moyens colossaux à ces camarades pour atteindre ces objectifs ; le but publiquement brandi étant la prétendue non implication de l’exécutif régional dans certaines localités du Littoral et en arrière-plan la quête de positionnement dans les listes des investitures.

Saisie par les pétitionnaires, l’ex-SG avait mis sur pied une Commission dirigée par le camarade Tasitang  à l’effet d’évaluer l’impact de la pétition et de procéder le cas échéant à la réconciliation des protagonistes. Le mémorandum fait remarquer que les pétitionnaires dont la protestation a servi de prétexte pour paralyser le fonctionnement du Sdf dans le Littoral,  au nom de l’inertie des dirigeants, n’avaient aucune qualité. Mais que plutôt,  la région du Littoral se positionne comme l’une des plus dynamiques du leader de l’opposition camerounaise. Pour preuve, le mémo dresse un calendrier des activités qui démontre la vivacité de ses structures. Et surtout, les résultats engrangés à l’occasion des dernières consultations électorales au Cameroun. Pour preuve, «il n’est de secret pour personne que pour faire face au déficit criard des structures du parti à Douala 1er du fait de l’imposture caractérisée du PCE qui prétend le contraire, le 1er vice-président National pour sauver les municipales et les législatives à Wouri-Centre, a dû recourir aux scrutateurs volontaires rémunérés pour assurer la couverture des bureaux de vote dans cette Circonscription Electorale  lors des élections couplées du 30 Septembre 2013. Depuis les législatives de 1997 où le parti a décroché un (01) siège, le parti n’a plus décroché le moindre siège dans cette circonscription. Tous les observateurs, en dehors d’une poignée de camarades imposteurs, s’accordent à dire que c’est l’investiture du 1er vice-président national qui a fait basculer un siège en faveur du parti à Wouri Centre qui comporte deux arrondissements : Douala 1er et Douala 6ème (Manoka). En 2002 et en 2007, le parti n’avait pas investi une liste des municipales à Manoka pour défaut de militants dans cette île.

5.  Nonobstant les conditions de tension créées de toutes pièces par des illusionnistes en perte de vitesse, nous avons réussi à gagner de haute lutte en 2013 trois (03) Communes (Douala 3ème qui est la plus peuplée et la plus riche du Cameroun, Loum et Njombe-Penja) contre une seule en 2007, plusieurs sièges de conseillers municipaux et  03 sièges de  députés y compris celui de Wouri-Ouest». Le texte tend plutôt à démontrer que les circonscriptions où les candidats du Sdf ont mordu la poussière, ont été victimes des manœuvres des camarades, nommément cités,  qui ont joué contre les intérêts de leur propre  famille politique.  Le memo en déduit que «le Sdf Littoral est devenu depuis janvier 2013 une succession de curiosités où ceux qui échouent là où c’est facile, deviennent des donneurs de leçons de morale et de politique à ceux qui réussissent là où c’est difficile. Le nombre de correspondances contradictoires démontre aisément le complot ourdi contre nous par certains cadres du parti et le moment venu, nous ferons tomber au grand jour d’autres masques. Le Littoral qu’on se plait à détruire demeure, après le Nord-Ouest, la région qui glane plus de victoires électorales. Aucun esprit rationnel et normal ne peut comprendre que l’activité de renouvellement des structures de base qui est dévolue à chaque exécutif régional devienne le sujet principal des réunions du NEC, alors qu’en même temps, le renouvellement des structures se font ailleurs sous la coordination exclusive de l’exécutif régional concerné. Rien ne justifie  que tout le septentrion, le Sud, l’Est, le Centre où tout est à refaire en termes de réorganisation, n’intéresse personne, et que le Littoral qui gagne le terrain, soit la cible de certains adversaires en mal d’existence politique. En termes de performances liées aux résultats des scrutins précédents, dans un parti normal, on réveillerait ou créerait les structures d’abord dans les régions et villes dormantes. C’est le cas patent de la ville de Yaoundé (siège des institutions où on a été incapable de déposer une liste aux législatives composée de 7 titulaires et de 7 suppléants, soit au total 14 camarades), et partant dans la région du Centre». Le mémo se demande comment les membres du comité exécutif national sont restés «inaudibles et impuissants» devant de telles dérives des cadres du parti. Et les cadres dont il est question ont pour certains été sanctionnés au niveau du Littoral depuis des mois. Mais leurs sanctions n’ont jamais été appliquées au niveau du comité exécutif national. Leurs adversaires soutiennent qu’ils bénéficient de puissants soutiens au niveau de la cellule juridique du parti.

De mémoire de militant du Sdf, c’est la première fois qu’une région formule officiellement  des accusations   aussi gaves contre les camarades du parti. Le sujet  pourrait  être le point chaud de la réunion du comité exécutif national prévu à Bamenda ce week-end.