Cameroun: Plus de 500 églises illégales à Yaoundé

Le tableau confessionnel légal de la République du Cameroun affiche 47 dénominations et 66 congrégations catholiques, la dernière étant la Sainte métropole gréco-orthodoxe du Cameroun, autorisée en février 2009.

En 2013, pourtant, des sources jugées sérieuses évoquaient l’existence de plus de 500 églises fonctionnant en toute illégalité, mais ayant pignon sur rue dans la seule ville de Yaoundé. La capitale camerounaise n’est cependant par la mieux servie par cette poussée religieuse.
Tous se passe comme si la menace de ces nouvelles congrégations, dont les pratiques se reprochent pour la plupart des dogmes fondamentalistes, relevait du simple détail. Ceux qui ont réussi à s’en extirper relatent des manœuvres d’escroquerie des fidèles. Le tapage diurne et nocturne et autres pratiques douteuses de certains pasteurs ne semblent pas attirer l’attention de l’autorité publique. Certaines chapelles fonctionnent sous le couvert d’une autre église reconnue. C’est la règle de la sous-traitance. Pour la plupart des promoteurs de ces mouvements, le Cameroun est un Etat laïc et la loi de 1990 sur la liberté d’association consacre leur existence.
Paradoxalement, les pasteurs les plus

célèbres se retrouvent parmi les illégaux. La campagne d’assainissement, voulue et engagée par les autorités camerounaises dans le secteur en 2013, a fait long feu. www.237online.com Cette année-là en effet, pourtant, alors qu’approchent les élections législatives et municipales de septembre, plusieurs préfets et sous-préfets, principalement dans les villes de Yaoundé, Douala et Bamenda, font fermer des églises dites illégales. Dans le Mfoundi, par exemple, le préfet du s’était attaqué au célèbre Dieunedort Kamdem de la Cathédrale de la foi, suscitant des sorties médiatiques musclées de celui-ci. Pour souligner l’importance de cette mission et mettre en garde les différents prophètes de la 25ème heure, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, avait rappelé qu’il s’agissait de la mise en application des instructions du chef de l’Etat, le pays étant menacé par cette prolifération illégale. Quelques jours plus loin, ces mêmes chapelles étaient rouvertes sur instruction des mêmes autorités qui se sont bien gardées, depuis lors, d’éclairer sur ce revirement.