Cameroun – Petit commerce: la ruée vers la vente des puces électroniques à Bertoua (Est)

La célébration de la 53ème édition de la onzaine de la jeunesse démarrée le 1er février dernier, donne l’opportunité de s’intéresser à la débrouillardise des jeunes du chef-lieu de la région de l’Est, notamment dans le secteur de la vente des puces pour téléphones portables.

“Pour chercher à trouver ma pitance quotidienne, je me suis engagé à ventre les puces des téléphones portables à la criée depuis bientôt deux ans”, explique un jeune, la vingtaine sonnée, qui exerce son activité très souvent à l’ancienne gare routière de Bertoua. Il travaille sans repos et sans relâche de lundi à dimanche entre 6hre et 19hre. Son salaire mensuel dépend de ses ventes.

“Si je ne vends pas assez au bout de 30 jours, je ne dois pas m’attendre à grand-chose. Mon salaire de base étant faible, la structure pour laquelle j’exerce, paie en pourcentage en terme à plus de 100 cartes Sim vendues”, relate le jeune homme. Inépuisable, il vend ses SIM à longueur des journées; sous la pluie tout comme sous le soleil.

“Je suis dans une société de sous-traitante qui impose un rythme de travail sans répit. Normalement, une Sim coûte 100 FCFA mais une fois sur le terrain, nous vendons à un prix un peu plus élevé. Entre 500 et 100FCFA”, avoue-t-il. “Au bout de 30 jours, je suis payé et cet argent me permet de payer mon loyer et d’assurer quelques charges connexes”.

Comme lui, de nombreux jeunes filles et garçons ont embrassé ce métier, des gagne-petit. En dehors du centre urbain, plusieurs effectuent des voyages hors de Bertoua pour aller vendre les cartes Sim. “Nous allons de temps en temps dans les villes telles que Nguélémendouka, Bétaré-Oya, Batouri, Yokadouma, Moloundou et même, dans tous les villages environnants. C’est un travail de titans qui exige patience et endurance”, confesse Lydie Ngameng.

La jeune dame y exerce depuis bientôt 3 ans et trouve son compte. Cependant, elle dénonce les abus dont elle est victime: “je travaille pour une entreprise qui sous traite avec une importante société de téléphonie mobile. Je n’ai ni de contrat de travail et encore moins d’assure sociale. C’est vraiment la débrouillardise”. Consciente de cette réalité, elle caresse le rêve  d’arrêter cette activité si jamais elle trouve mieux ailleurs.

Par Crépin Bissoli à Bertoua | Actucameroun.com