Cameroun – Pêche. SUD,Les pisciculteurs à pied d’œuvre dans le Dja et Lobo

Consommer du poisson frais, ou encore celui de l’eau douce aujourd’hui relève d’un signe de richesse, contrairement au poisson congelé qui abonde dans les poissonneries malgré leur coût pas du tout moindre aussi pour les ménages modestes. Pourtant, le relief au Sud s’y prête pour l’élevage du poisson dans des étangs, pour rendre ainsi disponible le poisson d’eau douce.

 

Ici, ce sont des bas-fonds qu’on met en valeur en construisant  des étangs piscicoles qu’on ensemence par la suite.   On peut obtenir  des alevins  du kanga, des silures ou alors du tilapia qui sont les poissons d’eau douce les plus prisés. D’après les statistiques du ministère de l’élevage des pêches et des industries animales (minepia), la production nationale du poisson d’eau douce tournerait autour de 200.000 tonnes par an. Pourtant, le Cameroun regorge d’immenses potentialités pour produire davantage du poisson d’eau douce et réduire considérablement les importations de poissons.

La mobilisation se passe par le regroupement des pisciculteurs en vu d’une meilleure organisation à travers  le programme agropole. La  région du Sud en a été divisée en  quatre bassins de production selon le nombre de département que compte la région. Ainsi l’agropole poisson du département du Dja et Lobo, peaufine son organisation dans le rassemblement de ses membres. A ce jour, il compte 32 membres pisciculteurs en activité et dont la production se compte en moyenne à  500 tonnes de poissons d’eau douce par an. Pour atteindre ce résultat, on utilise non seulement les étangs naturels, mais on en construit aussi certains hors-sol.

Pour  Marie Josèphe Atangana du Gic complexe Sitina Eyenga de Ngoulmekong par Sangmélima, l’activité est rentable, le marché est disponible également. Les restaurants, les hôtels et les particuliers en sollicitent et il faut passer des commandes à l’avance. Elle dispose déjà de neuf étangs piscicoles, et en a également construit des étangs hors-sol à titre d’extension pour  une disponibilité permanente du poisson frais d’eau douce. Les étangs sont vidés  d’eau tous les six mois pour récolter du poisson, elle est passionnée par cette activité et compte y demeurer.

Son groupe travaille en synergie avec d’autres  piscicultures et les fournisseurs d’aliment pour poisson.  Au niveau de la coordination nationale du programme agropole, il est question de relever des défis socio-économiques tels que l’étroitesse et la faible productivité des exploitations familiales qui représente encore  80% de l’appareil de production, l’insuffisance de l’encadrement technique et les difficultés d’accès au marché.  La question étant de  développer davantage la production, la transformation et la commercialisation des produits halieutiques.  Le but visé est l’accroissement de l’ordre de 13% à l’économie rurale, ce qui induira 6 à 7 % de l’économie nationale.

Le programme va engager le pays dans une voie de croissance soutenue afin de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Il sera question d’appuyer dans la construction des nouveaux étangs, le réaménagement de ceux disponibles. L’apport des pouvoirs publics est  orienté dans l’achat des équipements et des intrants ce qui représente environ 35% du coût global du projet. Les membres de l’agropole poisson de Sangmélima entendent devenir un pôle de production de poisson d’eau douce même pour les pays voisins.