Cameroun – Patrimoine: La difficile conservation des archives

L’archivage de documents et autres outils dans les institutions publiques ne fait pas partie des préoccupations premières.

Retrouver un document important dans l’administration publique camerounaise est un véritable parcours du combattant. A l’Université de Yaoundé I par exemple, lorsqu’un étudiant veut retrouver un document dans les archives, ce dernier est envoyé par la direction à la bibliothèque. «J’ai déposé une requête pour mes notes de l’année passée lundi dernier à l’administration. Mais, on m’a renvoyé à la bibliothèque où j’ai passé une demie journée à fouiller, mais en vain», déplore Tatiana Oyono, étudiante. Stéphanie Kameni avait, quant à elle, abandonné ses études à l’Université de Douala pour les mêmes raisons. «Le premier semestre, j’ai composé3. Mais une fois les notes affichées au babillard, mon nom n’y figurait pas. Lorsque j’ai déposé ma requête, on m’a renvoyé fouiller les documents à la bibliothèque et je me suis découragée», indique-t-elle.
A la Cour d’appel du Centre, les archives sont amassées dans un classeur rangé dans l’un des couloirs. Ici,

lorsqu’un usager veut avoir des renseignements sur une affaire le concernant, il va procéder à la fouille des archives avec l’aide d’un agent en service à la Cour d’appel du Centre. Au Centre divisionnaire des Impôts de Yaoundé VII bis, sis dans le centre I à Tsinga, les documents sont amassés au bas des marches. La quantité énorme de poussières qui enveloppe ces documents attire l’attention de l’usager. «Ces documents sont mal rangés. Pourtant, chaque contribuable enregistré ici a un fichier», déplore un usager avant d’ajouter : «La dernière fois que je suis venu payer mes impôts ici, j’ai fait plus d’une heure parce que ce n’était pas facile de retrouver mon fichier». Après un tour effectué à la délégation régionale des enseignements secondaires pour le Centre, on observe des cartons qui contiennent des documents amassés dans un coin de la salle d’attente.
Autant de faits qui montrent que l’archivage n’est pas l’apanage des Camerounais. Un manquement qui est à l’origine de lenteurs administratives. Les mêmes problèmes se posent également dans la conservation des archives audiovisuelles. D’ailleurs, la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel s’est célébrée dans le monde entier le 27 octobre dernier. Organisée par l’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en coopération avec le Conseil de coordination des associations d’archives audiovisuelles, cette 7ème édition était placée sous le thème «Archives en danger : protéger les identités mondiales». La journée mondiale du patrimoine audiovisuel a été instituée par l’Unesco, dans le but de sensibiliser le public à l’importance de la préservation de ce patrimoine. Elle contribue aussi à attirer l’attention internationale sur les enjeux de la fragilité et de la vulnérabilité dudit patrimoine.