CAMEROUN :: PASCAL CHARLEMAGNE MESSANGA NYAMDING : C’EST UN GRAND COMPLOT D’ETAT

[POINT DE VUE]

Le politologue et théoricien du « complot scientifique» est par ailleurs d’avis que des décisions fortes seront prises en temps opportun par Paul Biya.

Quelle peut être la gravité de la fuite au sujet du voyage en préparation du président de la République en Europe ?
Il s’agit d’une menace et d’une espèce de stratégie de campagne trouble bien pensée par certaines personnes à l’intérieur et en dehors du système, qui ont mis en place une méthode qui avait trois objectifs. Premier objectif : les personnes de l’intérieur que j’appelle aujourd’hui les chantres de la déstabilisation du régime du Renouveau, ont d’abord voulu empêcher la tenue d’une élection présidentielle au Cameroun. Et au regard de certains indicateurs, ces derniers ont entretenu le conflit anglophone. En 2018, ils avaient pour mot d’ordre : « Tout sauf Paul Biya ». Et par tous les moyens, il ne fallait pas que l’élection se tienne. Deuxième objectif : l’élection a été troublée avant sa tenue et pour preuve, la crise anglophone s’est accélérée. L’info claire et nette. Pendant l’élection, les mêmes groupes ont utilisé toutes sortes de subterfuges et de chantages, à l’effet de dénigrer le programme du président de la République. Ces éléments sont passés de tentative de scandale en s’attaquant à la famille présidentielle, à certains sabotages dans la réalisation des projets structurants notamment, et la Can 2019. Tout ça est un chantage bien organisé, à l’effet de discréditer le président de la République. Camer.be. Troisième objectif : contester son élection, organiser des marches, pousser la communauté internationale à le désavouer, mobiliser même le sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaines… Tout ça participe de cette déstabilisation. Il est clair que ce mandat du président de la République sera très difficile aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, avec les pontes du régime, et certains réseaux et services secrets. Nous vivons une situation délicate qui demande de la mesure. On a davantage la preuve que les grands lobbies occidentaux et les circuits de décision et de programmation de la défaite du Cameroun sont en marche.

Vous semblez donc soutenir qu’il s’agit d’une stratégie d’affaiblissement d’un pouvoir déjà vulnérable par sa longévité ?
La longévité n’est pas le problème. Le problème se trouve dans un casting de personnes haineuses, qui n’ont jamais embrassé la politique du président de la République. C’est malheureusement la conséquence des grands réseaux qui se sont accaparé les pôles de pouvoir et de décisions qui ont un objectif clair. Ils ont perturbé la plupart des mandats du président de la République et aujourd’hui, ils estiment plutôt que Paul Biya a atteint un certain âge, et il faut qu’on le fasse craquer ; c’est ça leur stratégie. Ces chantres du désordre et de la déstabilisation jouent sur le temps. C’est un grand complot, et moi j’appelle ça le grand complot d’Etat.

Paul Biya contrôle-t-il encore la situation ?
Méfiez-vous de l’eau qui dort. Je connais très bien le président Paul Biya. C’est un homme d’expérience. Je suis sûr qu’il surprendra ses pires adversaires. C’est l’homme le plus informé. Paul Biya contrôle encore les choses. Je crois qu’aujourd’hui, il a ce que j’appelle la maîtrise du pouvoir. Il a un temps qui est le sien que personne me maîtrise, et qui nous fait peur, nous ses proches qui lui sommes fidèles et dévoués. Rien que pour cela, je sais qu’il va réagir. Et pour remédier à tout cela, il posera quand il le faudra, les actes qu’il faut.