Cameroun : Parité , Seulement 28 femmes maires sur 374

Pour l’organisation Interfaith Vision Foundation Cameroon, la gent féminine reste sous représentée dans les instances de prise de décision.
«Les femmes représentent la majorité de la population. Donc, il faut qu’elles soient impliquées en quota et en nombre dans les affaires publiques ». Ainsi s’exprimait le 06 juillet dernier Elise Mballa Meka, maire de la commune d’Akom II dans le département de l’Océan, région du Sud.
Comme elle, ses congénères venues des dix régions du triangle national et des femmes membres des organisations de la société civile camerounaise, se sont retrouvées pour discuter ensemble sur le thème : « Construire des ponts – construire des réseaux ». C’était dans le cadre d’une conférence nationale sur l’implication des femmes dans la prise de décision organisée au palais des sports à Yaoundé.

Cette rencontre à l’initiative d’Anne Stella Fonno Fomumbod, présidente directeur général (Pdg) de l’organisation Interfaith Vision Foundation Cameroon (IVF Cam), consistait principalement « à harmoniser les idées, les suggestions et les recommandations » issues des discussions organisées au niveau régional par les femmes sur le sujet. Ceci, pour plus d’égalité entre les genres. « Ça avance […] mais ça va un peu lentement. […] Il y a 360 mairies, 374 avec les communautés urbaines mais nous sommes seulement 28 maires. Ca fait à peu près 7 %. C’est peu. Il faudrait au moins arriver à 40 % voire 50 % parce que pour faire progresser les choses au niveau local, les femmes sont mieux outillées que les hommes », pense Elise Mballa Meka.

Le premier magistrat municipal d’Akom II estime que si les pouvoirs publics intègrent pleinement les femmes dans la prise de décision concernant les affaires publiques, « c’est l’économie qui gagne, c’est la démocratie qui gagne, ce sont les affaires publiques qui gagnent ».

Pour atteindre cet objectif, les femmes maires du Cameroun ont une boussole : le 5ème point des Objectifs de développement durable (Odd) des Nations-Unies, accord auquel le Cameroun est partie. Ce point prône en l’occurrence, une parité entre les genres d’ici 2030.

Pour le matérialiser sur le terrain, les femmes doivent agir mutuellement pour le bien commun ceci, à divers échelles de responsabilité. « Il s’agit pour nous les femmes, de s’entre aider également. […] Les femmes de la société civile doivent aider les femmes d’affaires et les femmes d’affaires doivent aider les élues locales et nationales. Il s’agit ici de chercher une synergie entre les différents réseaux », estime Célestine Ketcha Courtès, maire de la commune de Bangangté (département du Nde), dans la région de l’Ouest.
A noter les présences à ces échanges qui visaient à « attirer l’attention des décideurs », de la ministre de la Promotion de la femme et de la Famille (Minproff), qui présidait la cérémonie d’ouverture.

Marie Thérèse Abena Ondoa était pour la circonstance, assistée du ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel), Minette Libom Li Likeng, du ministre de l’Education de base (Minedub), Youssouf Hadidja Halim, du représentant de l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Sara Delvin et des femmes parlementaires et maires.