Cameroun – Panafricanisme de A à Z: Néopanafricanisme et Révolution Africaine

L’Afrique doit s’unir ! «E pluribus unum». Cette expression latine qu’on pourrait traduire par «de la diversité, [faisons] un», illustre parfaitement ce qu’est le panafricanisme.

Des diverses micronations qui se partagent l’espace du Continent, nous devons faire une seule grande nation africaine. Quel que soit en fait le bout par lequel on aborde la problématique africaine, on retombe toujours sur l’impératif de l’unité politique du Continent, excepté évidemment pour les agents incorrigibles du néocolonialisme qui sont attachés à leurs pseudo?nations, en réalité des entités lilliputiennes sans avenir, faute de masse critique. Boko Haram était déjà venu nous rappeler qu’on ne peut venir à bout des périls transfrontaliers qu’en mettant en place un commandement militaire et sécuritaire unique inter?États. D’où la pertinence a posteriori de l’union politique basée sur la défense préconisée par Kwame Nkrumah en mai 1963 à Addis Abeba. Du débat récent et encore en cours au Cameroun sur l’avenir du franc Cfa, il apparaît que cette monnaie néocoloniale doit céder la place à une monnaie unique africaine. D’où encore la pertinence de la monnaie unique émise par une Banque centrale africaine proposée en même temps par Kwame Nkrumah. Feu le professeur Joseph Tchundjang Pouémi écrira plus tard en 1980 que «l’Afrique se fera par la monnaie, ou ne se fera pas». L’expérience de l’euro, monnaie unique européenne, montre qu’une monnaie unique et commune à plusieurs États ne peut fonctionner correctement que si ces États transfèrent leur souveraineté économique, budgétaire, d’endettement, monétaire et tout ce qui s’y apparente à une autorité supranationale chargée de définir la politique qui s’impose à tous. N’ayons pas peur des mots : ces États doivent se mettre sous l’autorité d’un État fédéral dont ils deviennent des États fédérés.

Le dollar américain est l’exemple parfait d’une monnaie unique et commune à plusieurs États, cinquante en l’occurrence. À ce stade de notre raisonnement, la question est celle?ci: dans l’état actuel du Continent, par où convient?il de commencer? Quelle stratégie adopter pour arriver à cette monnaie africaine qui fait l’unanimité? Voilà l’objet du débat. Et c’est ici qu’interviennent les partis politiques pour proposer leurs solutions respectives aux populations, afin de permettre à ces dernières de sélectionner par leurs suffrages ceux qui leur paraissent les mieux aptes à apporter les solutions les plus idoines, quitte à éliminer par la suite les imposteurs qui ont pu les tromper, et à accorder leurs suffrages à d’autres. Ainsi, de fil en aiguille, les plus pertinents vont émerger, à la grande satisfaction des peuples. Le débat s’impose pour permettre de clarifier, de décanter, de démêler l’écheveau qui conduit au résultat le meilleur. Il ne s’agit plus de faire des promesses électorales sans expliquer comment on compte les satisfaire, mais de débusquer les démagogues. On a trop présenté des miroirs aux alouettes aux peuples : «santé pour tous en l’an 2000», «Cameroun émergent en l’an 2035», etc. Les électeurs doivent désormais opérer leurs choix en fonction de la pertinence scientifique de projets de société et des programmes y relatifs.
Les électeurs ne doivent plus voter par sentiments, parce qu’ils veulent voir leurs «frères» gagner, mais parce que ceux qui bénéficient de leurs suffrages ont exposé scientifiquement comment ils vont procéder, quelles politiques ils comptent mener pour obtenir les résultats qu’ils promettent. Les partisans de l’État-Nation souverain vous diront qu’ils sont d’accord pour une monnaie unique africaine, mais dans le cadre de l’intégration sous?régionale ou même régionale. Cette solution ne marche pas, parce qu’ils ont vite fait d’invoquer la prétendue souveraineté nationale pour refuser tout transfert de souveraineté à des institutions supranationales, ce qui rend l’intégration impossible. Les exemples comme la Cemac sont là pour convaincre de ce que l’intégration économique sans volonté d’intégration politique est un mirage. Nous, panafricanistes, acquis à la vision fédéraliste, avons la prétention de proposer la meilleure stratégie et les meilleures politiques qui tiennent compte des lois économiques et des autres sciences sociales. Cette stratégie consiste à faire de notre «Afrique en miniature» un «Lion Indomptable de l’économie – comme au football», puis un fer de lance de la Révolution Africaine. C’est, désormais, Néopanafricanisme et Révolution Africaine contre Néocolonialisme et poursuite du déclin. Il y a déjà un parti, le Mrc, qui est prêt pour le débat. Dans le prochain article, nous reproduirons la déclaration d’un cadre du Mrc acceptant le débat.
Nous remercions d’avance le Directeur de publication du journal Intégration qui a bien voulu nous ouvrir les colonnes de son hebdomadaire pour ce débat salutaire.