Cameroun: Où va l’argent du péage routier?

Les recettes du péage routier logées à la BEAC dans un compte du Fonds routier servent à l’entretien courant et périodique du réseau routier national.

« Chaque jour on donne 500 à chaque poste, ça sert même à quoi ? » « Allez demander à l’Etat ». C’est l’échange classique qui dure quelque secondes dans les postes de péages entre les péagistes et certains chauffeurs. Mais à la vérité, c’est aussi la préoccupation de millions d’autres Camerounais qui empruntent les axes routiers du pays.
En raison de la rareté des ressources financières pendant la période de la forte crise économique que le Cameroun a connu dans les années 90, le réseau routier s’est considérablement dégradé. Pour réhabiliter, préserver et entretenir ce patrimoine si important et onéreux, l’Etat a dû avec ses partenaire dégager d’énormes moyens en exigeant en retour des performances et des résultats aux administrations impliquées dans la gestion du patrimoine routier national.
Selon la loi 07 avril 1996 portant protection du patrimoine routier national, le péage constitue l’une des

taxes parmi tant d’autres du secteur routier. Il y a, entre autres, le pesage routier, la taxe à l’essieu, la redevance d’usage de la route, les pénalités et amendes administratives issues de la lutte contre les fraudes dans ce secteur. Plusieurs administrations sont ainsi impliquées dans le suivi fiscal et la sécurisation des recettes générées par l’usage de la route (Impôt, Douanes, Cisopr, Cisop, etc.).
Selon cette loi, le circuit qu’empruntent les ressources du péage est clair : les péagistes collectent sur le terrain et périodiquement le chef de poste reverse l’argent collecté à la perception la plus proche, contre quittance. Ces recettes sont déposées dans le compte du Fonds routier logé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) par l’entremise de l’Agence comptable centrale du Trésor (Acct). Elles sont destinées au guichet « entretien » du Fonds routier servant à entretenir annuellement un réseau prioritaire d’environ 50 000 kilomètres.
Les ressources du Fonds routier sont réparties entre deux guichets. Un guichet « entretien » relatif à l’entretien courant et périodique du réseau prioritaire urbain, interurbain et rural, l’entretien des voiries urbaines prioritaires. Et un guichet « investissement » relatif à la réhabilitation des routes, au renforcement de la chaussée, à l’amélioration ou à la modernisation d’un itinéraire.
En outre, la mission du Fonds routier consiste en la mobilisation et la sécurisation des ressources qui sont par la suite mis à la disposition des ordonnateurs pour le payement des travaux routiers. Dans ce registre et au rang des ordonnateurs figurent le ministre des Travaux publics (Mintp), le ministre de l’Urbanisme et du Développement urbain (Minhdu) et le ministre des Transports (Mintrans).
Le fonds routier lui peut se targuer d’avoir plusieurs réalisations à son actif surtout dans les grands travaux structurants de l’heure.