Cameroun – Nouveau gouvernement: Bamougoum et la Mifi obtiennent leur premier ministre depuis l’indépendance

Vu de l’Ouest, le seul intérêt du dernier gouvernement est la promotion d’un fils de la Mifi. Une première depuis l’indépendance.

On a coutume de le dire, seul le travail paie. La foi aussi.
Le travail et la foi de Pascal Nguihe Kanté ont payé le 2 octobre dernier. Un message pour dire que Paul Biya n’est pas forcément si aveugle que cela. Sans ambages il faut le dire, rien n’est plus mérité que la promotion d’un laboureur politique qui trace son sillon avec abnégation depuis une dizaine d’années à partir du quartier Kouogouo de Bafoussam. Quartier mal famé, abritant du reste la prison de la ville, mais aussi quartier populaire et de brassage des populations d’ici et d’ailleurs, c’est cela Kouogouo qui vient d’être distingué à travers la promotion d’un de ses fils qui n’a de cesse de revendiquer ses racines en ces lieux. La promotion de Nguihe Kanté comme ministre est aussi la plénitude du rêve des cadets sociaux qui arrivent aux cimes, par le travail et aussi par la providence des rencontres.

Même si son parcours l’en éloigne par la suite, Pascal Nguihe Kanté est un juriste spécialisé en droit des affaires. C’est en cette qualité qu’il commence ses activités à l’Université de Dschang dans les années 1996 et 1997. La première rencontre qui lui profite est qu’il se met sous la protection de Mme Mbiapo Félicité à l’époque des faits vice-recteur chargée de l’inspection. Celle-ci le prend dans son cabinet comme enseignant assistant chargé des relations avec les entreprises. En 2004, il est chargé d’études auprès du Recteur de l’Université de Dschang.
Après avoir obtenu une année plus tôt son habilitation à diriger les recherches. Une deuxième grande rencontre marquera sa vie, celle qui le met en contact avec Madeleine Tchuinté déjà ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Elle le détache de l’Université et le rattache à son ministère en 2008. Nguihé Kanté quitte donc la province et monte s’installer à la Capitale. Madeleine Tchuinté le nomme Directeur de la vulgarisation et de la recherche au Minresi. www.237online.com C’est de ce poste qu’il est nommé Ministre, Secrétaire général adjoint des services du Premier Ministre.

Homme de consensus
Présenté de cette façon, le lecteur ne voit pas la dimension politique de Pascal Nguihe Kanté. Comment a-t-il fait pour émerger politiquement dans une ville de Bafoussam qui broie ses enfants ? C’est l’un des mérites de l’homme qui a toujours inscrit son action dans une quête de l’harmonie et du consensus. Pendant qu’il était à Dschang, Pascal Nguihé Kanté s’était refusé de se couper de Bafoussam. Il y a donc gardé un pied à terre en se faisant promoteur de petites activités. Evidemment non loin de son fief de Kouogouo. Puis à la faveur des élections locales de 2013, il se met sous la protection de Congelcam le faiseur de roi en politique dans la commune de Bafoussam 3e dont dépend son quartier Kouogouo. Celui-ci l’inscrit dans la liste des conseillers municipaux du Rdpc. Une liste qui remporte naturellement l’élection et permet à Nguihe Kanté de demander un parrainage pour son investiture comme grand conseiller à la communauté urbaine. Il y siège depuis lors. L’intellectuel engagé ne s’est pas arrêté à ces premiers paliers. Il a continué à travailler et à préparer les échéances suivantes. En 2013, il crée le Centre Communautaire de la Jeunesse de Bafoussam 3e. A partir de ce pôle, il conduit plusieurs activités en forte teneur mobilisatrice pour la jeunesse. On connaît notamment le programme ” Festi Foot Nguihé Kanté “, un tournoi de foot pour les jeunes qui se joue naturellement à Kouogouo et qui s’améliore d’année en années. En 2015, il y a moins de 2 mois, Nguihé Kanté a réussi à faire venir l’icône Roger Milla dans le quartier insalubre et boueux de Kouogouo. L’ambassadeur itinérant par sa présence a certainement donné un autre relief médiatique à cet évènement. Nguihe Kanté ne mobilise pas seulement les jeunes autour du sport. Il parraine depuis lors la formation des jeunes en apiculture et sponsorise des groupes de soutien scolaire pour enfants en difficulté. En mars dernier, pendant la période des labours, il a aussi distribué d’importants stocks de semences améliorées aux femmes de Kouogouo. Le must est ce programme de formation de 1200 jeunes en informatique. Pour conclure la formation, il a fait venir à Bafoussam Armand Claude Abanda, le représentant résident de l’IAI au Cameroun. Une première qui montre qu’une fois à Yaoundé, Nguihé Kanté n’a pas cessé de travailler son réseau des relations, tant ici que là-bas.
On ne l’a pas suffisamment dit, la promotion de Nguihe Kanté est aussi le sacre de Madeleine Tchuinté qui l’a bien encadré au Minresi et qui lui a donné conseils et facilités pour développer son potentiel politique.
C’est au nom de l’attachement qu’elle porte au développement de Bafoussam qui lui a tout donné sur le plan politique que Mme le ministre soutenait Nguihé Kanté dans ses déplacements dans notre cité. Cadre au ministère à Yaoundé, Nguihé Kanté était très présent, un peu trop d’ailleurs, sur le terrain de Bafoussam. On suppose qu’avec un chef différent dans les services du Premier Ministre, Nguihe Kanté n’aura plus les mêmes facilités de présence à Bafoussam. Ce n’est pas l’opposition locale qui va se plaindre de l’éloignement de ce laboureur politique. Ses œuvres lui ont un peu coupé l’herbe sous les pieds dans cette ville de Bafoussam, naturellement dans son camp.