Cameroun : mutation , Philemon yang, le réveil ?

L’opinion avait fini par avoir une idée arrêtée sur l’actuel Premier ministre du Cameroun : un chef qui ne bronche pas. Certains membres du gouvernement sans qu’on ne comprenne pourquoi mettaient à mal son autorité. Ceux qui s’étaient illustrés par cette sorte de défiance ont été remerciés il y a un an lors du remaniement du gouvernement. Depuis lors, comment s’est comporté le Premier ministre ?
Les faits d’actualité ces temps derniers montrent bien que quelque chose bouge. En tout cas, il prend des initiatives pour la cohésion du groupe, mais aussi pour corriger certains écarts de comportement. Le dernier acte qu’il vient de prendre dans ce sens concerne la fameuse suspension des lignes téléphoniques dans les ministères et les entreprises publiques par Camtel. En attendant de comprendre les contours de cette affaire, le quotidien Emergence conclut mercredi à sa une que « Philémon Yang fait plier Nkotto Emane ».

Notre confrère écrit que le Premier ministre a demandé au directeur général de Camtel de rétablir les lignes téléphoniques et la connexion internet contre « une promesse de paiement ». Selon les responsables de la Camtel contactés par le journal, les lignes seront à nouveau coupées si les administrations insolvables ne règlent pas leurs factures sans délais. Avant cela, le Pm a fait un arbitrage qui fera date dans le cadre des préparatifs de la Can féminine 2016. Le ministère des Sports à travers les 14 commissions du Comité local d?organisation sollicite 23 milliards fcfa.

Le Premier ministre contre toute attente décide que ce budget sera de 4 888 246 000 (quatre milliards huit cent quatre-vingthuit millions deux cents quarante- six mille), ceci après « les arbitrages et les réajustements nécessaires ». C’est Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, le ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), en sa qualité de président du Comité local d?organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Cocan) 2016 qui fait l’annonce le 14 septembre 2016.

Cette semaine, mardi dernier précisément, et selon Mutations, Ernest Gbwaboubou, le ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique (Minmidt) a été convoqué par Philemon Yang, pour s’expliquer sur son projet de nominations qui crée la controverse au sein de son département ministériel. Il s’agit des nominations des directeurs et assimilés du ministère. « Sous le prétexte de vouloir assainir, le ministre a fait des nominations sur la seule base du règlement de compte. Il n’a consulté personne.
Le résultat, c’est que de nombreux cadres vont se retrouver en vadrouille dans ce ministère et cela sera contreproductif », se fâche une source interrogée par le journal. Dans le domaine de la culture, il y a une semaine, il a tranché l’éternel débat sur la gestion des droits d’auteurs et des droits voisins. Dans un de ses décrets, il dit que pour être désormais candidat au poste de président du conseil d’Administration (Pca) ou de directeur général d’une société de gestion des droits d’auteurs, il faut être de nationalité camerounaise.

Ces faits témoignent d’un certain réveil. Loin est donc l’époque où Essimi Menyé nomme des inspecteurs et des directeurs dans son département ministériel sans se référer à la Primature et à la présidence, outrepassant ainsi ses prérogatives. Mais, il faudrait aller plus loin. Cette machine gouvernementale a besoin d’une certaine rigueur. D’un certain réveil. Le début ?