Cameroun – Monnaie: Billets de banque, du neuf contre du vieux dans les banques

Pour remplacer ses vieilles coupures, l’usager doit se rapprocher de la banque centrale.

Le grand canal de récupération des billets de banque usés ou mutilés est la banque commerciale. Pour la première catégorie, il s’agit des vieux billets qui ont perdu leurs couleurs. Tandis que les billets mutilés sont ceux qui ont subi des dommages dans leurs formes. Selon une source à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC),  cette institution communique aux établissements bancaires un calendrier de passage pour les versements de billets mutilés.
Mais tout usager en possession de tels billets peut se rendre lui-même à la direction nationale de la BEAC pour effectuer leur dépôt et leur remplacement. Mais le remplacement de ces billets n’est pas automatique. Une équipe chargée de récupérer et de trier ces billets procède à une vérification minutieuse. Cette vérification concerne la conformité et l’authenticité du billet de banque. S’ils sont valides, les personnes ayant fait des dépôts retirent de nouveaux billets. Les billets valides

sont stockés, comptabilisés, perforés et conservés en attendant d’être détruits. Au moment de leur destruction, les billets sont de nouveau vérifiés et comptés. Ceci en présence d’une commission mixte  composée des représentants du ministère des Finances et de la BEAC. S’ensuit alors le broyage de ces billets et leur incinération hors de la ville.
Mauvais entretien
L’usure et la mutilation des billets de banque passent par leur usage au quotidien, plus précisément par leur mauvaise utilisation. Plusieurs personnes ne traitent pas les billets de banque comme il se doit.  Elles les froissent, les plient, les mouillent ou les salissent. Il arrive aussi que des billets de banque soient laissés à la portée des tous petits qui s’en servent comme du papier pour à la fin les déchirer. Certains les gardent dans des porte-monnaie inappropriés, ou simplement dans leurs poches. Les commerçants, en particulier les «Bayam Sellam» sont passés maitres dans l’art de froisser les billets dans leurs pagnes. La crainte d’être dépouillé pousse certains à user de stratagèmes inimaginables. Si on ne met pas l’argent dans les sous- vêtements, on fait comme Madame Mbarga. Au moment de débourser de l’argent destiné à l’achat d’un  terrain, cette dernière demande à aller au petit coin. Elle en ressort 10 minutes plus tard. Le temps pour elle de retirer l’argent qu’elle a caché en «lieu sûr». N’allez surtout pas demander où il était ?
Des actes comme ceux-ci sont courants et on en rit. Pourtant selon des sources bien informées, cette mauvaise façon de tenir les billets de banque coûte chère au trésor public camerounais. Chaque billet mutilé et usé doit être remplacé par l’émission de nouveaux billets. Or la fabrication desdits billets n’est pas gratuite. Pour le moment, les personnes avisées suggèrent de ranger les billets de banque en position horizontale dans un portefeuille à la dimension du billet. Même si dans l’opinion, certains estiment que c’est leur fabrication qui fait défaut. Alain Oyomo est de ceux-là: «le processus accéléré d’usure de la dernière version des billets de banque est surtout la conséquence de leur légèreté et de leur fragilité. Les anciens billets étaient beaucoup plus solides !»