Cameroun – Mode: Manu Dibango soutient les collections africaines

Le célèbre saxophoniste camerounais était le parrain d’un défilé organisé à Yaoundé, dans le cadre de l’évènement K-Walk 2015.

Le père de la world musique a été choisi pour porter haut l’étendard de la mode camerounaise en particulier, et africaine en générale, à l’occasion de la troisième édition de l’évènement K-Walk 2015. Parce que la mode est un levier sur lequel le Cameroun notamment peut compter pour se développer, l’image de marque de Manu Dibango, choisi pour être le parrain, a été associée à cet évènement qui prône la consommation et la valorisation des collectifs africaines. Tenez, cette année, une rencontre dénommé «Pause mode» a même été organisée avec la presse, les designers, les passionnés de mode et des personnalités de la Société civile sur le thème : «La mode comme vecteur de développement : le cas de l’Afrique». «La mode est un secteur qui peut employer des milliers de Camerounais», indique Annan Ngann Yonn, promotrice de l’évènement K-Walk et propriétaire de la marque «Kreyann». Pour elle, le continent africain ne met pas assez à profit la force de sa population, pour créer des industries de vêtements pouvant employer, et rivaliser avec celles de l’Occident. La preuve ? «La Chine est l’atelier du monde dans la mode», s’indigne Esther Kamatari, ambassadrice burundaise de la marque «Guerlain».

Au cours de cette rencontre, il a été reproché aux Camerounais principalement de toujours s’habiller suivant la mode occidentale, ignorant le style propre au Cameroun qui existe bel bien. Or, «c’est l’Afrique qui est le tempo de la mode de demain», prévient Ciss St Moïse, créateur de mode en Côte d’Ivoire et Commissaire du festival N’zassa de Treichville. De ce fait, le K-Walk est un évènement qui voudrait faire sortir la mode camerounaise de ses fonts baptismaux. Et pour cela, «les Camerounais doivent apprendre à consommer les produits made in Cameroun», lancent certains designers. Car même s’il existe des créateurs bien formés un peu partout dans le pays, reste qu’ils ont de la peine à s’imposer dans le domaine qui est le leur. Aucune politique ne serait mise sur pied par l’Etat pour valoriser la mode vestimentaire au pays de Manu Dibango. «La couture est métier qui n’est pas valorisé chez nous», regrette Annan Ngann Yonn.

Rappelons que le K-Walk se déroule tous les deux ans. La première édition s’est tenue en 2011.