Cameroun – Mode. Gandoura; ou les charmes du style « Alhadji »

Malgré des coûts pas toujours accessibles, ce vêtement traditionnel fait florès, bien au-delà du grand Nord.

On ne le croirait pas, a priori, mais les célèbres gandouras, vêtements traditionnels caractéristiques du grand nord entre autres, tirent leur origine…de la Rome antique. Notamment des fameux drapés ou toges romaines, où une large bande d’étoffe de 4m sur 2, était enveloppée sous forme de tunique sans manche.

Avec la robe traditionnelle constantinoise, ancêtre immédiat de la gandoura, ce style va se généraliser rapidement dans tout le monde arabe, où il est généralement porté pour les prières et les rites traditionnels dans la religion. C’est ce qui explique qu’au Cameroun, c’est surtout dans le septentrion, principale aire géographique musulmane, que ce vêtement a connu son essor. Si elle est parfois confondue au boubou par les profanes, la gandoura reste un apparat de luxe, souvent apparenté au smoking dans la culture occidentale.

La lourdeur des tissus utilisés (bazin riche, lin, etc), la richesse de la broderie ou la sophistication des motifs, font en sorte qu’il faut compter entre 60.000 F et parfois jusqu’au million pour avoir une gandoura authentique. Ce d’autant que le plus souvent, c’est du travail fait main, qui demande un certain temps, comme nous l’a confié Alioum, un tailleur établi au marché central de Garoua.

Beaucoup de modèles arborés chez nous proviennent d’ailleurs surtout de l’Afrique de l’Ouest et des pays du Moyen-Orient. Elégant, noble et racé, la gandoura a depuis quitté son acception purement traditionnelle pour se porter dans presque toutes les occasions, avec toujours son effet garanti.