CAMEROUN: MICHELE NDOKI : NI SARDINARD, NI TONTINARD MAIS MILITANTE ENGAGÉE.

La nouvelle de son arrestation a fait le tour de la toile. Provocant à la foi l’ire et l’émoi dans le grand public. La militante continue à écrire l’histoire.

Un sentiment d’affliction.

Faut-il la comparer à Dulcie September ? La militante anti apartheid qui a été criblée par cinq balles à bout portant ? Michèle Sonia Martine Ndoki est une militante engagée dans la défense des droits humains. Depuis le résultat de la présidentielle du 7 octobre 2018 ou elle a défendu la victoire du candidat de son parti Maurice Kamto, elle se sent « Affligée parce que le peuple camerounais n’a pas pu être entendu par le Conseil constitutionnel, qu’il ne l’avait été par les commissions nationales et départementales de recensement de votes, qu’il ne l’avait été par la police, qu’il ne l’avait été par les juges. C’est un sentiment d’affliction »

Marches blanches, balles réglementaires

Et puis, il y a eu cette « marche blanche » du 26 janvier contre le « hold up électoral » au cours de laquelle elle a eu des « balles réglementaires » (dixit le ministre de la communication) qui lui ont laissés deux blessures béantes au niveau des cuisses. Depuis lors, elle était recluse pour « soigner ses blessures ». Le combat n’est pas terminé. Dans une vidéo enregistrée à l’hôpital, elle appelait tous les épris de justice à se joindre à elle pour mener le combat contre l’arbitraire. Il ne s’agit pas d’une histoire de sardinards ou de tontinards.

Arrestation arbitraire

Ensuite, il y a cette folle journée du mardi 26 février. Au cours de laquelle la nouvelle de son arrestation est allée comme une trainée de poudre. La toile s’est embrasée. L’information, d’abord sous forme de rumeur s’est précisée au fil des heures. Et, Olivier Bibou Nissack, responsable de la communication du MRC qui a confirmé cette arrestation déplore une « arrestation arbitraire insurrectionnelle et anti-démocratique » et s’insurge contre les « conditions floues » dont elle s’est produite pour une femme en convalescence.

Musèlement des adversaires politiques

Au demeurant et pour l’heure, Michèle Ndoki a été conduite à une destination non encore précisée. Seulement, dans cette logique d’« écarter les adversaires politiques » entretenue par le pouvoir de Yaoundé (dixit Nissack), faut il avoir peur Ndoki ? Femme politique, elle a le courage de ses engagements et l’a confessé à la télévision France24 quelques jours auparavant « Toutes les figures marquantes de la contestation finissent derrière les barreaux. Forcement, je me dis que mon tour va venir »