Cameroun: Maurice Kamto répond à Paul Biya à Bafoussam

Le président national du Mrc y a ironiquement repris les ‘‘petites phrases’’ de Paul Biya, lors de la visite de François Hollande à Yaoundé.

La décision du sous-préfet de Bafoussam 1er, Didier Bidja, d’interdire le meeting du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) à la place des fêtes à Bafoussam, avait d’autant l’air vicié, que le président national du Mrc en a vu une manipulation dans l’ombre. Visiblement courroucé, du fait du changement de site, qui l’a obligé à délivrer son message dans l’enceinte du stade municipal de Bamendzi, le 21 novembre dernier, Maurice Kamto a disséquer le Renouveau, avant de reconnaître qu’en 33 ans de pouvoir, il a maintenu les Camerounais dans les ténèbres.
Une sortie publique très applaudie des milliers de militants et sympathisants du Mrc, partis plus tôt de l’endroit initialement annoncé, pour se trouver dans une arène de football. « Ils mentent au peuple camerounais qu’ils veulent la paix, alors que chaque acte qu’ils posent prépare la guerre », regrette Maurice Kamto. Avant de plonger dans une diatribe, en reprenant des bouts de phrase du président de la République, Paul Biya, prononcées lors du dernier séjour de François Hollande au Cameroun : « Non, ne reste pas au pouvoir qui veut. Non, ne reste pas au pouvoir qui peut. Reste au pouvoir celui que le peuple camerounais décide de soutenir, de porter son combat contre toutes les forces extérieures ou internes, contraires à son émancipation », suggère Maurice Kamto. Tout en souhaitant que les 3000 personnes, accourues pour l’écouter, se prononcent en sa faveur, le moment venu : « Et je vous fais confiance, pour que la date venue, vous choisissiez librement quel leader vous voulez pour diriger ce pays. Nous vivons sous une dictature inqualifiable », poursuit-il. Le prof, comme on aime à l’appeler, ne finit pas de déverser sa bile : « Non, ce n’est pas la dictature du lion qui rugit et fait peur, parce que le lion est immense, et s’il fait peur vous pouvez alerter le village pour vous aider à le chasser. Non, la dictature que nous vivons au Cameroun, c’est une dictature reptilienne. Il y a une dictature rampante au Cameroun que personne ne voit, qui peut empêcher un parti politique de se réunir sur la place publique. Ça, c’est la dictature ». Ces propos sont sans doute à la dimension des frustrations de ses militants, pourchassés à la tribune des fêtes, quelques heures avant ledit meeting, par le sous-préfet de Bafoussam 1er et une escouade de policiers et gendarmes.

Maurice Kamto y a fait un tour, symboliquement, avant de retrouver ses inconditionnels à Bamendzi. Surtout qu’il fallait noyer la popularité du Mrc dans la périphérie. Contrairement aux oracles, Maurice Kamto a fait foule, au point de demander à ses militants de reprendre l’hymne national du Cameroun, en le chantant dans ses deux couplets, le second, d’après M. Kamto, étant « puissant et fort de sens ». L’assistance s’est exécutée. Les hommes en tenue étaient au gardez-vous jusqu’au moment où M. Kamto a entamé le deuxième couplet : « Tu es la tombe où dorment nos pères… ». C’est alors que ces gendarmes et policiers, dans une posture attentiste, ont baissé les bras. « Je suis venu à Bafoussam aujourd’hui pour que nous semions, ensemble, et au plus profond de nous, la graine de la liberté qui nous affranchit de la peur et de la servitude », lance le leader du Mrc.
Le secrétaire de la fédération régionale du Mrc à l’Ouest, Christophe Kamdem, qui l’a précédé, espère, à travers le Mrc et Maurice Kamto : « obtenir cette belle femme qu’il nous fallait, car celle que nous avons depuis des décennies n’a jamais servi un repas à temps, dort toujours avec son pantalon jean et cette fois-ci, attend la ménopause ». Tout comme le coordonnateur national chargé de l’implantation du Mrc, Pascal Zamboué, engage les « populations de l’Ouest à accompagner M. Kamto jusqu’au palais d’Etoudi à Yaoundé, en passant par la grande porte, en 2018 ou avant ».  A partir d’un meeting  de lancement de la caravane nationale de la renaissance du Cameroun à Bafoussam, connue pour la mise en place de ses structures. A l’Ouest, le Mrc est déjà implanté dans 38 communes sur 40.