Cameroun: Maurice Kamto candidat à la prochaine élection présidentielle anticipée

Malgré les manœuvres laissant envisager une possible anticipation, le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun dit vouloir affronter Paul Biya.

D’après la Constitution du 18 janvier 1996, l’élection présidentielle a lieu 20 jours au moins avant l’expiration des pouvoirs du Président de la République en exercice et 50 jours au plus après. La dernière élection présidentielle qui avait consacré la réélection de Paul Biya s’était tenue le 9 octobre 2011. Logiquement donc, l’actuel mandat du chef de l’Etat en poste sera échu en 2018. Pourtant, les récentes manœuvres politiques observées au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, laissent envisager la possibilité d’une présidentielle anticipée, même si nul ne peut à l’heure qu’il est, déterminer avec exactitude la date précise de ladite élection, dans un pays où le chef de l’exécutif est le seul maitre du calendrier électoral dont il dispose selon son humeur. Un flou qui a été à moult occasions préjudiciable aux partis politiques de l’opposition, mais qui ne démobilise guère le

Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Maurice Kamto, le président national de ce parti qui compte parmi les plus jeunes de la scène politique nationale (il a été créé le 13 août 2012), se dit en course. « Nous irons aux élections, quel que soit l’endroit, quel que soit le lieu et quel que soit le temps », a-t-il déclaré hier à Douala. Maurice Kamto procédait, à la Fédération communale du Mrc de Douala IVè (équivalent du siège local), à Bonabéri, au lancement d’une campagne nationale pour la signature d’une pétition « adressée à tous les Camerounais, sans considération des chapelles politiques, épris de paix et de justice ; à toutes celles et tous ceux qui veulent que la désignation des dirigeants de notre pays passe par des élections libres, transparentes, sans achat des consciences, sans bourrage des urnes, débarrassées de fraudes, afin que seule triomphe la volonté du peuple ». Maurice Kamto a indiqué que l’initiative de son pays se voulait citoyenne et républicaine, en droite ligne de la Constitution et de la devise du Cameroun, qui mettent un accent sur la paix. 237online.com « L’objectif est de recueillir le plus grand nombre possible de signatures de nos compatriotes, afin de montrer aux institutions qui dirigent le pays, que la demande de révision des textes électoraux est bien, à l’heure actuelle, l’aspiration politique majeure du peuple camerounais, qui ne veut pas de crise, ni encore moins de conflit liés aux élections. Car, il a vu où un tel conflit a conduit dans d’autres pays. »

Manifestation interrompue
La pétition existe aussi en version électronique. Ainsi, les pétitionnaires ne pouvant pas l’avoir en version papier, peuvent cliquer sur un lien qu’ils trouveront sur le site du parti. Pour y souscrire, il leur suffira d’y écrire leur nom, numéro de téléphone, email, et enfin leur signature pour ce qui est de la version papier. Le juriste Kamto plaide pour « l’urgence de l’organisation d’un dialogue national en vue d’une réforme consensuelle du Code électoral ». 237online.com Un code jugé « dangereux pour l’avenir de notre pays », et dont les nombreuses lacunes et incohérences sont la source d’une « inflation » d’irrégularités et de fraudes observées lors des élections couplées législatives et municipales du 30 septembre 2013. Le Mrc s’étonne d’ailleurs du fait que les démarches institutionnelles qu’il avait entreprises depuis lors (requêtes au chef de l’Etat, dépôt d’une proposition de loi à l’Assemble nationale et au Sénat), n’aient jamais prospéré. Au moment où nous allions sous presse, hier, nous apprenions que la suite du programme de sensibilisation du Mrc a été interrompue par la police et la gendarmerie à Bépanda, un quartier populaire à Douala. Nous avons ensuite tenté de joindre le responsable de la communication du Mrc, qui n’a pas décroché son téléphone.