Cameroun : Marguerite Donfack, mère d’André Blaise Essama: «j’ai épousé le combat de mon fils»

La génitrice de l’activiste nationaliste a vu son enfant se faire condamner à 6 mois de prison le 4 juillet 2016 au Tribunal de Première instance de Douala-Bonanjo. Elle réagit au verdict et parle des actions qui valent à son rejeton les foudres de la justice camerounaise.

Vous avez assisté à l’audience au cours de laquelle a été prononcé le verdict qui maintient votre fils en prison. Quelle est votre réaction ?

En tant que mère, je viens dans un premier temps assister mon fils. Je viens lui apporter ma chaleur. En ce qui concerne le Tribunal, lui aussi fait sa part de travail. Je ne peux pas entrer dans les détails. La justice sait comment faire ce qu’elle a à faire. Ma grande préoccupation est d’assister mon enfant, de lui donner des conseils et d’attendre ce qu’on va dire. Par exemple aujourd’hui on l’a condamnée à six mois de prison, je ne peux rien dire. Je ne ferai qu’assister cet enfant jusqu’au moment où il va se retrouver hors de la prison. Le rôle d’une maman, c’est d’approcher son fils aussi bien quand il est en difficulté que quand il est en joie. Je suis heureuse que Dieu m’ait permis de venir assister cet enfant et entendre le verdict du procès qui lui est intenté. Le Seigneur n’est pas un maladroit. C’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut. La voie de cet enfant est entre ses mains. Nous autres peut-être ne connaissons pas  son chemin. Nous ne faisons que le suivre. Et je remercie également toute la communauté juridique. Les avocats, tous les juristes qui ont assisté à ce verdict. Je n’oublie pas ses amis, ses camarades, ses autres mamans, et même ses frères et sœurs qui l’ont assisté.

Les avocats de votre fils ont interjeté appel. Vous avez quelque espoir ?

Je l’ai déjà dit : j’ai espoir. L’appel interjeté par les avocats va prospérer. Même si ce n’est pas le cas, un jour ou l’autre, il va se retrouver hors de la prison.

Vous portez  des vêtements de couleurs vert-rouge-jaune, les couleurs nationales en même temps que vous arborez le drapeau du Cameroun. Cela veut-il dire que vous épousez le combat de votre fils ?                   

À un niveau, oui. Ce sont des couleurs que j’ai toujours aimées. Je crois que c’est lui qui tient  ça de moi. Depuis la période de son enfance, j’avais déjà adopté les couleurs nationales. Mes couleurs de vernis sur les ongles sont vert-rouge-jaune. Il m’a imité. J’aime tellement mon beau pays, je l’adore. Je ne jure que par ce drapeau vert-rouge-jaune. Parce que si tu n’aimes pas ton pays, tu ne pourras pas aimer les autres. Si tu n’aimes pas ton enfant, tu ne pourras pas aimer l’enfant d’autrui.

Diriez-vous que la justice camerounaise reproche à André Blaise Essama le fait d’aimer son pays ?

Vous savez, partout il y a la loi. Il y a des choses auxquelles je ne peux pas me mêler. Quand vous demandez si on l’empêche d’aimer son pays, je réponds que ceux qui l’en empêchent sont des Camerounais comme lui. Chacun fait son travail, l’essentiel étant de bien le faire. Je ne peux pas dire que ceux-là sont mauvais ou bons. S’ils font bien leur travail, c’est bon. S’ils ne le font pas bien, cela n’engage qu’eux.