Cameroun – mal-gouvernance sous le Renouveau: Maurice Nkam, une ordonnance gabegique et tribale au CHU de Yaoundé

Le célèbre cardiologue a dépouillé cette officine de sa «référence», après 18 ans de règne.

Créé il ya plus de 30 ans, le Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Yaoundé est établissement public administratif doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. L’une des missions, et de loin la plus importante, est la prestation des soins médicaux et paramédicaux de haut niveau. Vue sous cet angle, la mission assignée au célèbre cardiologue Maurice Nkam à sa nomination, en 1997, est un échec cuisant. D’une capacité d’accueil de 227 lits, le Chu de Yaoundé est aujourd’hui confronté à des problèmes incommensurables avec des équipements frappés d’obsolescence et des pénuries récurrentes de kits de dialyse, sans oublier l’insuffisance du plateau technique.
Il y a plus grave : les équipements de radio et le scanner sont hors d’état de fonctionnement. Il manque même du savon dans les laboratoires. Conséquence, les malades désireux de subir des examens de numérotation formule sanguine (Nfs) sont redirigés vers d’autres centres spécialisés.

Le bloc opératoire, à recycler de fond en comble et la pharmacie, insuffisamment approvisionnée, complètent ce tableau apocalyptique.
Les grèves à répétition des personnels médicaux et paramédicaux, sans salaire et qui ont secoué l’établissement en 2013, témoignent à suffisance du malaise. La tête du Dg est réclamée aux cris de : «Paul Biya, père de la nation, Paul Biya, notre président, chassez-nous Nkam ! Ce ne sont que ses frères du village qui s’en sortent dans cet hôpital. Pendant ce temps, nous souffrons et, en plus de cela, Nkam est directeur général depuis 1997.» Imperturbablement, le Pr Nkam trône sur les ruines d’un hôpital qui n’a plus de référence que le nom.