Cameroun – Lutte contre Boko Haram: Les accusations d’Amnesty International ne sont pas fondées

Amnesty International accuse le Cameroun de violation flagrante des droits de l’Homme. Le gouvernement camerounais partage-t-il cette position?

Je voudrais faire savoir à Amnesty International que nous partageons tous les mêmes objectifs : la protection des droits de l’Homme. Je rappelais à Amnesty International que tout être humain qui vit au Cameroun a le droit d’être protégé par le gouvernement. Et c’est la responsabilité constante du président de la République, Paul Biya. Là est le point de convergence avec Amnesty International. Il y a évidemment beaucoup de points de divergence. Lorsqu’Amnesty International, prétendument, déclare qu’il y a violation flagrante des droits de l’Homme, nous disons au gouvernement que ses paroles ne sont pas des paroles d’Evangile. Amnesty International a une lecture partisane de la situation, utilise un prisme qui lui est propre. J’ai rappelé à Amnesty International que nous ne rejetons pas leurs observations sur des cas de violation de droits de l’Homme qu’ils ont énoncés. Nous rappelons que c’est toute une région qui, aujourd’hui, tourne au ralenti

pour ne pas dire que c’est toute une où la vie est réduite à sa plus simple expression, à cause de Boko Haram. Les paysans ne vont plus au champ. Les commerçants ne peuvent plus faire leur commerce. Le tourisme est complètement à l’arrêt. Tous les chantiers structurants qui se trouvent dans le septentrion sont à l’arrêt à cause de Boko Haram. Nous sommes surpris par ce qui nous paraît comme une sorte de sympathie que manifeste Amnesty International vis-à-vis de cette cohorte de bandits, des gens qui nous imposent aujourd’hui ce que nous appelons au gouvernement le rétropédalage civilisationnel, c’est-à-dire ceux-là qui veulent nous ramener vers le 15e ou le 16e siècle. Nous disons à Amnesty International de ne pas être affirmatif et péremptoire lorsqu’il y a violation des droits de l’homme au
Cameroun.

Selon vous, les récriminations d’Amnesty International ne reposent sur aucun fondement…
Il faut pouvoir s’appuyer sur des bases, des critères et des éléments de jugement. Nous disons donc à Amnesty International que si vous avez des prétentions et des déclarations, exprimez-les. Vous dites que vous êtes allés dans nos prisons et que telles personnes sont innocentes. Quelles sont vos preuves? Vous vous appuyez sur quels éléments de jugement pour faire vos déclarations? Nous disons donc à Amnesty International de faire preuve d’humilité et de modestie. Lorsque vous déclarez que tels innocents sont en prison, nous disons : non ! Vous donnez l’impression d’avoir un parti pris. La responsabilité du gouvernement, c’est la protection de notre nation. Aujourd’hui dans la partie septentrionale, la vie est complètement désorganisée et déstabilisée. La responsabilité première du chef de l’Etat, Paul Biya c’est de protéger notre territoire et tous ceux qui y vivent dans le respect des règles et de l’art en matière des droits de l’Homme.

En clair, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram les forces de sécurité et de défense camerounaises n’ont fait que leur travail sans se livrer à des excès?
J’ai rappelé à Amnesty International que jamais un homme politique, fut-il ministre de la Défense, ministre de la Justice, ministre d’Etat, encore moins le Premier ministre ou le chef de l’Etat n’a demandé à personne de porter atteinte à la vie, à la liberté et à l’intégrité physique. Personne ! Aucune autorité, fut-elle politique ou militaire, n’a jamais demandé à nos forces de défense dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, de se livrer à des exécutions extrajudiciaires. Amnesty International ne peut pas démontrer aujourd’hui qu’une autorité a demandé à nos forces de défense et de sécurité de violenter. Nous demandons à Amnesty International de mettre à notre disposition leurs observations qui seraient des récriminations. Nous allons les étudier au cas par cas et allons lui dire ce que nous en pensons.