Cameroun : L’opposant Elimbi Lobe estime qu’il est temps qu’un anglophone soit Président de la République du Cameroun

Le Secrétaire national adjoint à la communication du Social Democratic Front comprend les revendications sécessionnistes qu’il croit marginalisées.

Abel Elimbi Lobe considère que les anglophones du Cameroun sont marginalisés. Le Secrétaire national adjoint à la communication du Social Democratic Front (SFD) pense que leurs revendications – sécessionnistes notamment – sont fondées. Invité à débattre dimanche 22 mai 2016, sur Équinoxe télévision, il a déclaré que l’unité nationale ne peut être consolidée dans l’injustice.  Il soutient que l’on manipule la date du 20 mai et exhorte à ne pas oublier le parcours et la signification profonde de ce qui en a découlé.

«Je veux dire que le problème que le Cameroun a aujourd’hui, c’est des hommes excessifs et débordants qui finissent par tomber dans la bêtise», précise le Conseiller municipal SDF de Douala 5e.  Il explique en outre que «ce n’est pas parce que vous ne parlez pas d’une chose qu’elle n’existe pas. Vous pouvez parler du problème. Vous pouvez refuser de parler du problème anglophone, il existera s’il n’est pas résolu».

Abel Elimbi Lobe indexe ses collègues. Il croit que ce sont les hommes politiques qui  créent toutes les guerres «par leur comportement, par leur façon de diriger les affaires publiques».  Il estime qu’ «il est temps que nous pensions que l’un des moyens de consolider l’unité nationale, c’est que le Président soit aussi un jour anglophone. Et c’est maintenant», assène-t-il, non sans se demander «au nom de quoi ils doivent continuer à attendre».

Il est convaincu que les francophones du Cameroun sont «organisés pour que l’homme anglophone n’arrive pas à la magistrature suprême», et explique la naissance du mouvement sécessionniste SCNC par cette«injustice». Comme preuve de la marginalisation des anglophones, Elimbi Lobe cite leur absence aux postes les plus importants du Gouvernement depuis l’accession du Cameroun  à la souveraineté internationale.

«Depuis l’indépendance, jusqu’à maintenant, aucun ministère de souveraineté n’a été occupé par un anglophone. Vous dites: «ah ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est qu’on ait un bon ministre». Il n’y a jamais eu un ministre de la Défense ici au Cameroun, qui soit anglophone, il n’y a jamais eu un ministre des affaires étrangères. Il n’y a jamais eu de patron de la gendarmerie ou de la police qui soit anglophone. Il n’y a jamais eu de patron de l’éducation nationale ou de l’enseignement supérieur qui soit anglophone», déplore-t-il.

Et d’indiquer que «quand les gens sont mal à l’aise ce que l’homme politique que je suis fait c’est de constater qu’ils sont mal à l’aise». Elimbi Lobe énumère à nouveau avant de s’arrêter: «le Président de la République est francophone, le Président du Sénat est francophone, le Président de l’Assemblée Nationale est francophone, le Président du Conseil Economique et Social est francophone, le Président de la Cour Suprême est francophone».