Cameroun – Livre: quand la guerre dicte la politique

Un ouvrage sur le sujet a été dédicacé vendredi dernier à Yaoundé.
Le titre renseigne à suffisance sur la complexité du sujet. « Un ordre mondial post-clausewitzien ? Entre gouvernance par la guerre et utopie d’une « gouvernabilité démocratique mondialisée”»  est un « repas intellectuel qui se mange froid », a prévenu Patrice Bigombe Logo, un des trois politologues du panel, invités pour commenter l’ouvrage commis par Pélagie Chantal Belomo Essono, enseignante de droit à l’université catholique d’Afrique centrale.  Pour être compris, a-t-il insisté, il faut le lire plusieurs fois.

Le livre montre qu’à travers la guerre, les Etats ont constitué leur puissance et ont créé une fracture entre le Nord et le Sud. Et pour riposter contre l’hégémonie établie, des groupes se forment et perturbent dans la clandestinité, cet ordre. Par rapport à cette omniprésence de la guerre, il y a le positionnement des puissances occidentales qui mettent en scène un mode de gestion et de fonctionnement que l’auteur appelle la gouvernance par la guerre. Il faut s’adapter ! Mais comment ? Pélagie Chantal Belomo Essono propose « la gouvernementalité démocratique mondialisée », c’est-à-dire « domestiquer la guerre », explique en plus simple Patrice Bigombé.

« Domestiquer la guerre », c’est établir un système international reconfiguré sur la base du principe démocratique et du cosmopolitique. Le principe démocratique va favoriser la révision du système des Nations unies et le cosmopolitique va permettre la reconnaissance de la différence dans les relations internationales. Le livre propose l’invention d’une autre armature basée sur le partage et le consensus afin d’intégrer les plus faibles dans le concert mondial et tenir compte de ceux qui n’ont pas voix au chapitre, mais qui sont confrontés aux défis de développement, de santé, d’alimentation, etc.