Cameroun – Livre. Chaos libyen: Hugues François Onana dénonce l’Occident

Le journaliste et écrivain revient sur la chute de Mouammar Kadhafi et les conséquences qui en découlent à travers un essai présenté lundi à Yaoundé.

 

Près de six ans après la mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre 2011 par un missile de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN), Hugues François Onana écrase une larme en hommage à celui qui était l’espoir de tout un continent. L’ouvrage intitulé : «Printemps libyen : la victoire posthume de Mouammar Kadhafi», publié aux Editions de la Renaissance africaine à Yaoundé, aguiche le lecteur dès la page de garde. En avant-plan, l’ancien Premier ministre britannique, David Cameron, l’ancien président américain, Barack Obama, et l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, affichant des mines dépressives en signe de regrets. Les trois anciens dirigeants occidentaux sont surplombés en arrière-plan par un Mouammar Kadhafi affichant un sourire narquois avec le bras droit levé en signe de victoire. Tout un symbole! Ce choix iconographique fait à dessein par l’auteur, donne déjà le ton du contenu de cet ouvrage de 216 pages, reparties en 14 chapitres.
Avec courage et audace, Hugues François Onana dénonce dans l’assassinat du guide libyen un crime contre l’humanité qui tarde à être puni comme tel par la Cour pénale internationale (CPI). Face à une justice à double vitesse aux ordres de l’Occident, l’ancien chroniqueur de politique internationale de la CRTV recommande à l’Afrique de prendre ses distances vis-à-vis de cette juridiction. «L’Afrique doit quitter collectivement et immédiatement ce machin. Il faut que les assassins de Kadhafi soient jugés», plaide-t-il devant ce qu’il dénonce comme ayant été «une intervention inique de l’OTAN» et dont tout un continent continue de payer aujourd’hui la note salée. Pour lui, bien que Mouammar Kadhafi n’était pas un sain, «il aura été un véritable bâtisseur pour l’Afrique et la Libye.» Aujourd’hui, «le Fonds monétaire africain, la Banque centrale africaine, le satellite de communication africain, la route transafricaine, sont autant de projets qui souffrent déjà de son absence», regrette l’auteur.