Cameroun – Littérature: Quand l’exil inspire les écrivains camerounais

Depuis 1975, aucune œuvre d’un auteur camerounais vivant au Cameroun n’a obtenu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire créé en 1961.

Imbolo Mbue, née en 1982, est une auteure camerounaise originaire de la ville anglophone de Limbé, qui vit à Manhattan, aux États-Unis. Avec son livre intitulé «Voici venir les rêveurs» des éditions Belfond, elle est lauréate du Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2016. L’année précédente, c’était l’auteure camerounaise francophone Hemley Boum avec son livre «Les Maquisards», la lauréate du Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2015.

Le Quotidien de l’Économie paru vendredi 23 septembre 2016 indique que le livre «Voici venir les rêveurs» n’est pas encore disponible dans les librairies. Mais, l’auteure, Imbolo Mbue, a déjà signé un contrat avec Random House, un éditeur américain qui lui propose la somme de 1 million de dollars US, soit un équivalent de 500 millions de FCFA. Son roman est proposé sur les sites de ventes en ligne à 13,99 dollars US, soit 6 995 FCFA pour une version imprimée et un peu moins pour une version numérique. «Une fierté pour la littérature camerounaise, pourrait-on dire», ironise le journal.

Le journal déplore le fait que seul le génie camerounais exilé soit reconnu. En effet, depuis 1975, aucune œuvre d’un auteur camerounais vivant au Cameroun n’a obtenu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire. Étienne Yanou, auteur camerounais vivant dans son pays, a été le lauréat dudit prix en 1975 avec son livre «L’Homme Dieu de Bisso». Yodi Karone (pseudonyme d’Alain Ndongo Ndiye), né en France en 1954, a reçu le même prix avec son œuvre intitulé «Le nègre de paille» en 1982. Le journal indique qu’entre 1982 et 2003, seuls deux prix ont été glanés par des auteurs camerounais. «Daniel Ewande en 1984 et Calixte Beyala 10 ans plus tard».

Le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire est attribué chaque année par l’Association des Écrivains de Langue Française, l’ADELF, reconnue d’utilité publique depuis le 19 juillet 1952, dont le but est de «promouvoir l’œuvre des écrivains qui, à travers le monde, s’expriment en français». Le prix est ouvert aux écrivains de langue française originaires de l’Afrique subsaharienne, ou à un ouvrage concernant cette zone géographique, en excluant les traductions.