Cameroun – Litige: La station oil-Lybia de Nlongkak menacée d’expulsion

Débouté par une décision du tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi siégeant en matière civile et commerciale, le repreneur au Cameroun du réseau de distribution des produits pétroliers autrefois géré par Mobil Oil, use du dilatoire.

Il totalise pourtant aujourd’hui à l’égard des propriétaires du site, une dette cumulée de près de 1,5 milliard de Fcfa. Entre-temps, les parties au procès sont attendues à la barre le 19 juillet prochain.
C’est la société Oil-Lybia qui gère le passif et l’actif laissés par Mobil Oil. Cette situation fait suite au rachat de Mobil-Oil par le groupe libyen Tamoil Africa holdings limited, acheteur de lafiliale d’Exxon Mobil depuis le 1er Avril 2013.
Les démêlées judiciaires qui opposent les ayant-droit du site abritant la station d’essence Oil-Lybia de Nlongkak (située à un jet de pierre de la banque des PME), à la société Mobil Oil Cameroun S.A, date de juillet 2007. M. Joseph Essono et dame Mbedy née Mvogo Onambelé, bailleurs de ladite station, avaient par une assignation en résiliation de bail et suppression d’ouvrages de constructions, faite par Maître Marie Fidelia Biloa, huissier de justice à Yaoundé,

saisi le tribunal de grande instance du Mfoundi siègeant en matière civile et commerciale.

500.000 Fcfa d’astreinte par jour de retard
Le 14 mai 2008, par jugement N°387/CIV devenu définitif par l’obtention d’une grosse, cette juridiction avait prononcé la résiliation du bail entre les parties, ordonné la suppression des ouvrages et constructions aux frais de la Mobil sous astreinte de 500.000 FCFA par jour de retard. Jusqu’à lors, la société Oil-Lybia use d’atermoiements et refuse catégoriquement de quitter le site. Condamnée à verser 500.000 FCFA d’astreinte par jour aux propriétaires, elle a toujours refusé de s’exécuter, préférant soudoyer les magistrats. Alors même que le montant cumulé de sa dette vis-à-vis de M. Joseph Essono et dame Mbedy Philomène avoisine le milliard et demi de Fcfa, la société Oil-Lybia n’a pas daigné déférer aux convocations du tribunal. Pourtant, après environ six renvois successifs, le juge commercial n’est toujours pas parvenu à rendre la sentence par défaut. Laissant ainsi prospérer les vives présomptions de corruption, qui font florès dans certains esprits, depuis la disparition de plusieurs éléments du dossier au greffe du TGI du Mfoundi.
Joint au téléphone pour obtenir sa version des faits, le conseil de Mobil-Oil Cameroun S.A, Me Balemaken était injoignable au moment où nous mettions sous presse. Affaire à suivre…