Cameroun – Listes électorales: Pourquoi le Sud est dernier au classement

Les explications des responsables locaux d’Elecam au gouverneur.

Alors que l’information positionnant la région du Sud à la queue du classement des inscriptions biométriques pour le compte de l’année 2015, continue d’alimenter l’espace politique, les membres du conseil électoral de cette partie du pays ont profité de la fin de l’opération le 31 août 2015 dernier, pour contrattaquer  leurs pourfendeurs. Lundi, aux environs de 11h, la délégation dirigée par Jules Mana Schwangele, qu’accompagnaient Pierre Roger Efandene, Armand Patrice Edjongolo (Délégué régional d’Elécam), entre autres, est allée rendre compte au gouverneur Jules Marcellin Ndjaga, des problèmes et difficultés matériels, humains et contextuels rencontrés pendant l’opération, afin d’entrevoir les prochaines échéances sous de meilleures auspices.
«Nous sommes globalement satisfaits des résultats que nous avons engrangés dans le Sud n’en déplaise à ceux qui pensent que nous sommes des éternels derniers. Il faut voir les résultats en chiffres relatifs c’est-à-dire en comparant le nombre d’inscrits au fichier électoral de la région,

et non en valeur absolue. Car, le Sud qui est l’une des régions les moins peuplées du pays (700.000 habitants), ne compte que quelques 300.000 potentiels électeurs», s’est justifié M. Schwangele. Cette année, malgré les difficultés, «Elecam Sud a réussi à inscrire 7028 électeurs», a confirmé Armand Patrice Edjongolo. Ces statistiques qui datent du 27 août pourraient être revues à la hausse d’ici à la fin de la semaine, lorsque tous les chiffres issus des antennes communales seront disponibles, a-t-on appris.
Malgré leur optimisme, les membres du conseil électoral reconnaissent toutefois que l’opération a buté sur un certain nombre de pesanteurs, parmi lesquelles l’absence chez les citoyens en âge de voter, de la Carte nationale d’identité (Cni), l’absence des institutions universitaires qui entraîne un exode massif de la population jeune vers les grandes métropoles. «Les jeunes étudiants ayant atteint la majorité électorale préfèrent s’inscrire ailleurs. Cette situation maintient le Sud en deçà de ce à quoi on pourrait s’attendre», affirme le membre du conseil électoral.
Tout en regrettant le ramdam fait autour du positionnement du Sud au classement des inscriptions, le gouverneur Jules Marcellin Ndjaga s’est dit satisfait des résultats à lui présentés. Il pense à ce sujet que dans une région comme le Sud, il y a des gens qui ne s’intéressent pas à la politique, et que l’opération des inscriptions n’est pas une compétition entre régions, mais beaucoup plus un devoir citoyen. Aux responsables d’Elecam, il a recommandé de diagnostiquer plutôt les difficultés internes qui pourraient à la longue compromettre leur mission.