Cameroun: L’impact des TIC sur l’économie

Même si l’Etat accuse des retards quant aux objectifs fixés dans le DSCE, de nombreuses activités se développent de plus en plus au Cameroun. Et ceci, depuis les années 2000.

Dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), le gouvernement s’est fixé comme objectifs stratégiques dans le domaine des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’horizon 2020 de porter la télé densité fixe à 45%, et la télé densité mobile à 65%, de faire passer le débit de transfert des données à 3 800 Mb/s et de multiplier par 50 le nombre d’emplois directs et indirects. Pour y parvenir, l’Etat a prévu d’adapter et d’actualiser le cadre légal, réglementaire et institutionnel, d’améliorer l’offre de services en quantité, en qualité et à des prix abordables, et enfin, d’accroître l’utilisation des TIC et de densifier le tissu industriel des entreprises du secteur.
A moins de 05 ans de la date butoir de l’atteinte de ces objectifs, beaucoup reste à faire. Car de l’avis des experts, il y a encore des soucis quant à la nature des infrastructures utilisées. www.237online.com Pour bien d’opérateurs, elles sont inadaptées et onéreuses.

Le Backbone national pour le transport des communications entre les villes et vers l’international est constitué en grande partie par le faisceau hertzien qui offre de très faibles capacités, avec des coûts d’exploitation élevés. Le satellite utilisé comme voie alternative est lui aussi coûteux pour le transport interurbain des signaux de télécommunications.
Quant à la fibre optique, qui est de loin le meilleur moyen de transport des communications en termes de qualité, de capacités offertes, de coût d’exploitation et même de durée de vie, un accord de prêt d’un montant de 41 milliards de FCFA a récemment été signé par le gouvernement pour le financement d’un projet d’extension du Backbone national à fibre optique. Ce financement devrait permettre de construire des boucles urbaines à fibre optique dans plusieurs villes camerounaises, et ainsi, étendre le réseau national de fibre optique actuellement estimé à 6 000 km.

De nouvelles activités
Cependant, même si le gouvernement semble enregistrer des retards quant aux objectifs fixés dans le DSCE, l’on constate toutefois que de nombreuses activités se sont développées au cours des 15 dernières années autour des TIC au Cameroun. Et ceci, grâce aux investissements colossaux déployés par les secteurs public-privé. L’on peut citer parmi celles-ci, le commerce électronique (e-commerce), la formation aux métiers des TIC, la fourniture d’accès à internet, l’exploitation des cybercafés, la vente des équipements informatiques (hardware et software), l’exploitation des call-box, la téléphonie mobile, pour ne citer que celles-ci. Sans compter celles qui vont bientôt naître, grâce au déploiement de la technologie 3 et 4G par les opérateurs de la téléphonie mobile au Cameroun. Avec des investissements colossaux déployés par l’Etat (environ 500 milliards) et le secteur privé (MTN et Orange réclament un investissement de 1 000 milliards de FCFA en 15 ans), le secteur des TIC a beaucoup apporté à l’économie camerounaise. Entre 2005 et 2010, le chiffre d’affaires cumulé du secteur de la téléphonie mobile est par exemple passé de 272,3 à 433 milliards de FCFA. Et en même temps, la contribution cumulée des opérateurs aux recettes fiscales était de 417 milliards de FCFA, sans oublier environ 1000 emplois directs et 300 000 emplois indirects créés, pour une masse salariale comprise entre 24,3 à 30 milliards de FCFA. Le tout pour une télé densité qui a atteint 9,8%, selon le Gicam.