Cameroun: Les employés d’Afrique Construction en grève illimitée

À peu près une cinquantaine, ils ont manifesté lundi dernier devant la direction générale à Akwa, pour réclamer plusieurs mois d’arriérés de salaires.

Depuis lundi dernier, les employés des quincailleries Afrique Construction de Douala sont en grève illimitée pour revendiquer de meilleures conditions de travail, et plusieurs mois d’arriérés de salaires. Le nombre de mois impayés varie entre 4 mois et 1 an, selon que l’on soit simple employé ou cadre au sein de la société. A ces récriminations s’ajoutent d’autres griefs comme de longues années de travail sans congés, ni primes d’ancienneté, ou promotion, citent les contestataires. Le débrayage de lundi dernier a commencé dès 7h30 du matin devant la direction générale de l’entreprise, sise à un vol d’oiseau du lieu-dit « Deux églises » à Akwa. Des employés, à peu près une cinquantaine selon les estimations des grévistes, sont venus en masse faire entendre leur voix. «Nous travaillons de 08h à 19h du soir sans repos, ce qui n’est pas normal pour une durée de travail », a regretté un des grévistes qui revendique 16 ans de carrière à Afrique Construction.

Pendant le débrayage, les agences d’Akwa, carrefour « Agip », marché central, etc. sont restées fermées jusqu’à 15h dans l’après-midi, heure à laquelle, Emmanuel Fodouop Mbopda, le PDG, a appelé les représentants des grognards à la table des négociations. « Nous avons décidé d’arrêter notre manifestation parce que le PDG nous a promis de payer nos arriérés de salaires dans les jours à venir ; on attend de voir », lâche un manifestant, promettant de revenir demain. En plus de cette promesse, le promoteur d’Afrique Construction aurait procédé à plusieurs nominations, mais aussi, à des licenciements qualifiés d’abusifs par les employés. Une information difficile à vérifier d’autant qu’un cadre rencontré en poste dans l’après-midi de lundi a tenu tout simplement à démentir l’existence d’un quelconque mouvement d’humeur. « Ce sont des mensonges, vous constatez avec moi qu’il n’y aucun attroupement devant notre direction », a contesté ce dernier. Pourtant, selon une autre source interne à l’entreprise, le débrayage des vendeurs aurait provoqué une réunion de crise entre le P-DG et quelques hauts cadres, afin de trouver une issue à la crise.

Une énième grève
Faut-il le rappeler, les employés des quincailleries Afrique construction ne sont pas à leur première grève dans la capitale économique. Déjà en novembre 2013, ils étaient plus d’une trentaine à prendre d’assaut la direction générale pour demander de leur employeur une date fixe pour le payement des salaires, leur affiliation à la Caisse nationale de la prévoyance sociale (CNPS), l’octroi des tenues de travail, la mise en place d’une « véritable » boîte à pharmacie, des visites de santé régulières. Et ce n’est pas tout. Les contestataires souhaitaient également, l’application de la convention collective signée un an plus tôt, laquelle exige la revalorisation des salaires des employés. « Nous avons décidé de barricader la voie publique pour se faire entendre ; le patron refuse de nous écouter », expliquait à cette époque un gréviste avec détermination.