Cameroun: Les contraintes de la filière cacao

L’évolution rapide de la production nécessite des solutions urgentes aux problèmes techniques, financiers, organisationnels et naturels.

La faiblesse de la productivité et de la compétitivité (qualité) des produits est souvent due aux difficultés techniques d’accès aux intrants et aux services agricoles, au vieillissement des planteurs et des plantations. Les intrants les plus importants pour la production cacaoyère sont constitués du matériel végétal amélioré et des pesticides. Les engrais constituent aussi un facteur très limitant. Les difficultés d’accès sont liées aux prix relativement élevés, prix qui sont renchéris parfois par l’enclavement des bassins de production et la faible structuration des producteurs en coopératives dans plusieurs zones.
Des efforts sont faits par le gouvernement pour aider les producteurs à travers le projet d’appui à la fertilisation des vergers cacao et café. Mais les quantités offertes restent très en deçà de la demande. Pour ce qui est des pesticides, le problème se pose certes en termes de prix, mais aussi en termes de qualité, car ce secteur d’activités est

caractérisé par la présence remarquée des produits de contrefaçon qui n’ont pas toujours l’efficacité escomptée. Le traitement intégral du verger contre les capsides pour le verger cacao et les scolytes des baies pour le verger café, jadis mené par l’Etat a été arrêté à cause des programmes d’ajustement structurels. Ce qui explique les faibles rendements observés.
Quant au matériel végétal amélioré, il souffre de pénuries importantes face à une demande sans cesse croissante. Le Projet d’appui à la production et la diffusion du matériel végétal ainsi que la SODECAO contribuent à travers leurs champs semenciers respectifs, à une production moyenne annuelle de moins de 10 millions de plants face à une demande estimée annuellement à 80 millions.
Vieillissement
Au Cameroun, plus de la moitié du verger a dépassé 30 ans. Des efforts de régénération sont observés çà et là, mais ils restent assez timides. De même, les producteurs actuels sont pour la plupart vieillissants (en 2011, l’âge moyen du producteur était de 55,81 ans, cette moyenne nationale était de 65,11 dans la région de l’Ouest), diminuant ainsi la force de travail nécessaire pour conduire à l’optimum les opérations de production.
Un rajeunissement des effectifs est en cours d’exécution. En effet, à travers le Programme «New Generation» qui vise à créer 900 hectares de cacao entre 2015 et 2016, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) accompagne et soutien, sur une période de trois années, les jeunes issus des centres de formation agricole dans leur insertion, afin qu’ils deviennent de professionnels dans la cacaoculture. 237online.com A travers cette initiative, le CICC vise le rajeunissement de la force de production, la professionnalisation des jeunes producteurs, la réduction du chômage des jeunes, la création d’emploi en milieu rural, l’amélioration de la qualité et de la productivité, l’accroissement de la production globale.
D’autres problèmes bloquent le décollage de la filière. Il s’agit, entre autres, du coxage, la faible structuration des producteurs et de la coordination de la filière, la rareté des financements. Enfin, les contraintes naturelles sont celles liées aux changements climatiques qui bousculent le calendrier agricole.