Cameroun: Les bacheliers à l’assaut des campus universitaires

Entre tracasseries et enthousiasme, les nouveaux étudiants font leurs premiers pas dans le supérieur.

Plus qu’une semaine, et les cours démarreront dans la plupart des universités d’Etat et autres instituts privés supérieur du pays. Et déjà, une effervescence est observée au niveau des bureaux de la scolarité de certaines universités d’Etat. A l’université de Yaoundé I, comme à l’université de Yaoundé II, les nouveaux bacheliers s’activent à déposer leurs dossiers de préinscription dans une des facultés que comptent ces deux établissements d’enseignement supérieur. La tâche n’est pas toujours aisée pour ces nouveaux apprenants venus du secondaire. «Il nous est demandé de verser une somme de 10 000 FCFA auprès des agences MTN, Express Union ou UBA, en guise de frais de préinscription», explique Serge Alain Boyomo, un bachelier en quête d’une préinscription à la faculté des Arts, des lettres et des sciences humaines (Falsh) de l’université de Yaoundé I. Tel n’est pas le cas à l’université de Yaoundé II, où des guichets de la Commercial Bank of Cameroon (CBC) sont disponibles au sein du campus de Soa. Là-bas, les bacheliers en quête d’une première inscription doivent débourser 6 000 FCFA et 5 000 FCFA en guise de frais de préinscription et de frais médicaux obligatoires. Une fois cet argent versé, il faut fournir un dossier complet de préinscription comprenant les copies certifiées conformes des attestations de réussite du probatoire, du baccalauréat, ainsi que de l’acte de naissance, entre autres.

La difficulté réside dans les longs délais d’attente. «Je n’ai pu compléter et déposer mon dossier de préinscription qu’après 2 semaine du fait des longues files de candidats devant les bureau de la scolarité», a indiqué Natacha Messi, une étudiante rencontrée au campus de Ngoa Ekelle. Cet état de chose donne parfois lieu à des pratiques de corruption.
Une étudiante indiquera qu’elle a dû se lier d’amitié avec certains responsables en charge de la scolarité à la faculté des Sciences économiques et de gestion de l’université de Yaoundé II pour obtenir des facilités pour sa préinscription. Un exercice auquel semblent s’abstenir beaucoup de nouveaux bacheliers « de peur d’être attirés dans des alliances regrettables ou de se livrer dans un marchandage malheureux».

L’équation du logement
Passée l’étape de la préinscription, il faudra résoudre l’équation du logement. Celle-ci semble bien difficile pour certains bacheliers issus des familles modestes. Le choix des cités universitaires semble être l’option choisie par beaucoup. Le nombre de places dans ces structures étant très limité (environ 500 chambres), il fallait se hâter pour obtenir un logement dans ces cités, où le coût du logement tournerait autour de 100 000 FCFA, l’année, si on en croit certains étudiants rencontrés dans les cités universitaires de Ngoa-Ekelle. Il aurait fallu déposer un dossier dès le mois de juin au plus tard au Rectorat de l’université de Yaoundé II pour obtenir une chambre dans une des cités que compte le campus de Ngoa-Ekelle, nous explique-t-on. Une opportunité que n’a pas pu saisir Etienne Njoh, jeune bachelier parti de Dibombari pour Yaoundé poursuivre ses études. Les 80 000 FCFA qui lui reste des 100 000 FCFA que lui ont donnés ses parents, agriculteurs de leur état, s’avèrent insuffisants pour assurer un logement décent à ce jeune Camerounais. Ce dernier compte néanmoins s’associer à un de ses camarades du lycée de Dibombari,avec qui il a décidé de migrer vers la capitale en quête du savoir. Tous deux, nouveaux venus dans la ville, se disent angoissés quant à l’atteinte de leur objectif qui est l’obtention des diplômes qui leur permettront plus tard d’entrer dans la vie active.
«On a dit qu’il faudrait arriver dans les amphithéâtres assez tôt pour avoir des places assises. Et à vrai dire, cela m’inquiète beaucoup», affirme-t-il. Une inquiétude battue en brèche par un des responsables de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) de l’université de Yaoundé II, qui indique que des dispositions vont être prises pour que chaque étudiant ait une place assise au sein des amphithéâtres. Pour éviter la «galère», les nouveaux bacheliers se sont armés de provisions en denrées alimentaires non périssables constituées entre autres de riz, pâtes alimentaires et surtout du tapioca.