Cameroun: Le projet de budget attendu au parlement

La session parlementaire consacrée à l’examen du budget de l’Etat se tient du 12 novembre au 12 décembre 2015 à Yaoundé.

Députés et sénateurs Camerounais ont regagné la capitale depuis quelques jours, suite à la convocation par les présidents de l’Assemblée Nationale et du Senat de la session parlementaire de novembre qui s’ouvre ce 12 novembre 2015. L’agenda de la session n’est pas encore connu mais elle est traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’Etat pour le prochain exercice. A cet effet, l’avant projet de loi des finances a été transmis le 29 octobre 2015 au président de la République, Paul Biya, pour les derniers arbitrages.
Au cours du conseil de cabinet tenu le 29 octobre 2015, le ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey a indiqué qu’à ce stade, l’avant-projet de budget pour l’exercice 2016 s’équilibrerait en recettes et en dépenses à 4249,8 milliards de F CFA contre 3746,6 milliards de F CFA dans la loi de finances initiale de 2015, soit une hausse de 503 milliards de F CFA.
En attendant le dépôt officiel du projet de loi des finances au parlement et la publication des rubriques, la question nourrit déjà le débat au sein de l’opinion. Dans une récente recommandation, le FMI appelait le Cameroun à des budgets plus réalistes. L’économiste Dieudonné Essomba, pense que «le problème essentiel n’est pas dans ce que le gouvernement annonce qu’il va faire du budget 2016, mais dans ce qu’il a annoncé lors des budgets précédents et qu’il n’a pas fait.»
Le problème critique, à ses yeux, étant la «sous-consommation du budget d’investissement public qui est une conséquence directe du déficit commercial du Cameroun qui, depuis 2011, atteint 50% des recettes d’exportation.» Quant à Bernard Ouandji, «une augmentation de 503 milliards F CFA est excessive, surtout dans un contexte déflationniste.» L’économiste qui doute de la capacité du gouvernement à mobiliser les ressources annoncées, projette un déficit budgétaire de 1300 milliards de F CFA en 2016. Ce déficit pourrait être comblé par des emprunts. Le problème, pense-t-il, c’est que malgré un ratio de la dette par rapport au PIB qui n’est  que de 22%, «le service de la dette coûtera 742 milliards F CFA  en 2016, soit un quart des recettes ordinaires. C’est excessif.»
Dans la circulaire du 13 août 2015, le président de la République a publié et les hypothèses de base qui doivent présider à l’élaboration du budget 2016. Il s’agit d’«un taux de croissance du PIB de 6%, une production pétrolière quasi stagnante en valeur, un taux d’inflation de 2,8%, un déficit du solde budgétaire (hors dons) de 4,5% du PIB, un déficit du compte courant d’environ 4,3% du PIB». Objectif : «poursuivre la dynamique de l’accélération de la croissance économique, pour la rendre plus forte, durable, inclusive et génératrice d’emplois, à travers l’amélioration de la productivité et la diversification de l’économie».