Cameroun: le procès de maître Harissou reporté au 07 octobre

L’ensemble de l’audience du vendredi 9 septembre a été consacrée au seul examen du procès-verbal de l’enquête liée au notaire de l’ancien secrétaire général de la présidence

 

Au final l’ensemble de l’audience de ce vendredi 9 septembre aura été consacrée au seul examen du procès-verbal de l’enquête. Pour la défense de maître Harissou ce PV n’est pas recevable. Trop de vices de forme. Audition de son client un dimanche sans la présence de ses avocats, déclarations sous la contrainte. L’avocat du notaire demande le retrait de ce procès-verbal.

«Nous estimons que l’enquête, telle qu’elle s’est déroulée, il y a des violations des droits de la défense. C’est pour ça que nous commençons par là. C’est-à-dire que maître Harissou a été entendu dans des conditions susceptibles de vicier ses déclarations, estime Maître Jacques Mbny. Il a été emmené un vendredi soir et il a été entendu un dimanche. Et lorsque les avocats sont arrivés le lundi matin, on leur a fait savoir que on avait entendu maître Harissou le dimanche et que voilà, la procédure est clôturée, et on va l’envoyer au tribunal. Alors, lorsque vous avez un dossier et qu’on ne laisse pas les avocats voir leur client dès cette étape-là et qu’on veuille par la suite opposer ce genre de déclarations, nous nous estimons que ce n’est pas régulier.»

 

Maître Harissou

L’accusation, elle, veut en faire une pièce à conviction. Le procès a donc été reporté au 7 octobre prochain. Temps laissé au juge pour statuer sur cette question.

Arrêté en septembre 2014 et depuis placé en détention à la prison principale de Yaoundé, maître Harissou, de l’aveu même de son conseil, est poursuivi pour des faits graves: «outrage au chef de l’Etat, faits de rebellion, détention et port illégaux d’arme de guerre ou encore tentative de renversement des institutions».

Mais pour la défense du notaire, s’est surtout le lien que maître Harissou entretenait avec Marafa Hamidou Yaya, L’ex-secrétaire général de la présidence camerounaise qui pourrait être à l’origine de ce procès.

L’ancien baron du régime purge lui-même une peine de vingt ans de prison pour «complicité intellectuelle de détournement de deniers publics». Une accusation, elle aussi, motivée politiquement selon sa défense. Faux répondent les autorités camerounaises pour lesquelles il s’agit bel et bien de deux affaires de droit commun.