Cameroun: le PIB s’améliore de 5,7% au 2ème trimestre, mais la richesse se redistribue peu

L’Institut national des statistiques (INS) au Cameroun a publié ses comptes nationaux pour le compte du deuxième trimestre 2015. Il en ressort que le Produit intérieur brut (PIB) du pays a été de 2910,6 milliards de francs Cfa, soit une progression de 5,7% comparée à cet indicateur pris pour le compte de la même période en 2014.

Une performance que les indicateurs mettent sur le compte de la bonne tenue du secteur secondaire, notamment l’activité du secteur extractif, fortement influencé par une hausse de la production annoncée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Cette hausse est venue compenser les mauvais effets de la baisse du dollar américain sur la monnaie d’Afrique centrale.

A l’analyse de ces comptes nationaux, l’on peut cependant constater que le secteur extractif qui a tiré la croissance du Pib dans le pays est très peu pourvoyeur d’emplois et donc induit une limite dans la distribution effective des richesses créées. Dans le secteur primaire, celui qui emploie plus de 80% de la population active du pays, la croissance est restée assez faible à seulement 0,7% (d’un trimestre à l’autre) au cours de la période de référence, contre 1,5% au cours du trimestre précédent, et 1,6% sur la même période en 2014.

Dans le tertiaire (commerce et service), qui mobilise aussi une proportion significative de la main d’œuvre résidente, la croissance entre deux trimestres s’affiche à 1,3%, comparée au repli de 1,3% constaté au cours du premier trimestre 2015. En valeur absolue, la différence des valeurs ajoutées (pris en compte pour calculer le PIB) est de 17,3 milliards de francs Cfa, avec une prédominance de la commercialisation des biens et services importés.

Enfin, la répartition de la progression du PIB par composante donne une lecture particulière. On peut se rendre compte que, même si la consommation des ménages, notamment privés (2196 milliards de FCFA), continue de tirer la croissance économique au Cameroun, celle-ci semble s’être refroidie et affiche une progression atone (+0,5%), inférieure à la progression de trimestre à trimestre de 1,4% obtenue sur la même période en 2014.