Cameroun: le Minresi et la SIL s’unissent pour valoriser les langues nationales

Une convention y relative a été signée entre Madeleine Tchuinté et Bert Visser. Il recommande la mise à jour des centres de formation et l’arrimage des méthodes de travail aux TIC

 

En vue de valoriser les langues camerounaises, une convention a été signée entre Madeleine Tchuinté et Bert Visser, respectivement ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi) et directeur général de la Société internationale de linguistique (SIL), le 13 juillet 2016 à Yaoundé.

«Il a été prouvé que les enfants qui maîtrisent leur langue vernaculaire réussissent à l’école. Avec la nouvelle donne de la formation au Cameroun, les pouvoirs publics voudraient que chaque enfant puisse s’exprimer dans sa langue maternelle, en français et en anglais. Et progressivement notre pays va devenir trilingue», a exprimé Madeleine Tchuinté, pour justifier le bien-fondé de la convention de coopération scientifique et technique Minresi/SIL, signée dans la capitale camerounaise.

Et M. Visser d’ajouter : «Il est essentiel que nous nous engagions à construire ensemble l’avenir de nos politiques linguistique et culturelle sur un pilier stable, à savoir la recherche scientifique».
Sur le terrain, depuis son déploiement au Cameroun en 1969, la SIL s’évertue à la traduction des textes et la production des livrets destinés à l’amélioration de la production agricole, la santé et bien d’autres secteurs.

 

Dans un contexte de matérialisation de la décentralisation au Cameroun, la convention de mercredi, selon le Dg de la SIL, préconise «la mise à jour des centres de formation et l’arrimage des méthodes de travail aux TIC».

Selon les représentants des deux structures, le pacte de collaboration paraphé matérialise la solidarité entre deux structures dont les liens de partenariat datent d’au moins 40 ans, partageant le même idéal dans la recherche scientifique pour le développement du Cameroun.

Pour mémoire, la SIL est une ONG internationale qui travaille avec les communautés linguistiques dont la langue n’est pas écrite, afin de développer une orthographe ou un alphabet, une charte de phonologique, une charte grammaticale, une analyse du discours et un dictionnaire.

Depuis son installation au Cameroun, cette structure a aidé plus de 125 communautés linguistiques à développer leurs langues. Elle a produit et publié un millier de publications dans les langues camerounaises, 300 thèmes de recherches scientifiques menés et publiés, ainsi que plusieurs mémoires et thèses publiés. Elle a aussi contribué à la traduction de 36 nouveaux testaments en langues camerounaises. Des centaines de milliers de Camerounais sont alphabétisés en langues maternelles.