Cameroun: le Gabac dénonce des ONG financées par des groupes fondamentalistes

Le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent dénonce des flux financiers injustifiés au profit de certaines ONG entre 2013 et 2014

 

Le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (Gabac) accuse certaines Ong camerounaises de recevoir des financements de groupes fondamentalistes, dans son dernier rapport.

Le Gabac cite par exemple une Ong basée dans le département du Noun surveillée depuis de longues dates par l’Agence nationale d’investigation financière (Anif). Le soupçon proviendrait d’une banque locale, filiale d’un groupe bancaire international. Elle dénonce des flux financiers injustifiés ordonnés au profit de ladite Ong. On apprend qu’en l’espace de deux ans, l’Ong a reçu près de 300 millions de FCFA, en provenance du Koweit.

Les donneurs d’ordre ont été identifiés. Il s’agit de deux associations koweitiennes ayant des branches au Pakistan et en Afghanistan. Une autre association camerounaise a reçu plusieurs transferts via Western Union en provenance de plusieurs pays africains. Soit un montant d’environ 10 millions de FCFA en six mois en 2013 et 2014, révèle le Gabac.

 

Ces mouvements de fonds correspondent à une période agitée au Cameroun, où le groupe Boko Haram infiltrait le Cameroun par la région du Nord-Ouest en se passant pour des «immigrés». Soupçonnées d’appartenir au groupe terroriste Boko Haram, Une trentaine de personnes furent interpellées dans la région de Koutaba. Elles étaient titulaires de fausses cartes nationales d’identité et seraient entrées au Cameroun comme immigrés.

Grâce aux investigations, on apprend que le promoteur de l’Ong, d’origine Burkinabè, était détenteur lui aussi, d’une fausse carte nationale d’identité camerounaise. Interrogé sur la destination des fonds, il ne donnera pas d’explications plausibles. L’autre cas concerne un opérateur économique camerounais qui a effectué régulièrement des transferts d’argent vers une Ong basée en RD Congo.

Le Gabac révèle qu’en l’espace de deux ans, ce dernier a effectué des transferts de près de 2,5 milliards de FCFA sans lien avec son secteur d’activités, et aux motifs de transactions incompatibles. Le rapport du Gabac nous apprend que l’Ong suspectée est gérée par deux frères libanais listés comme collecteurs de fonds au profit du groupe Hezbollah, qui a rejoint récemment al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).