Cameroun: Le « Dja » de Camair-Co en réparation dans les ateliers d’EgyptAir

Pendant une semaine, les passagers n’ont pu voyager à cause des faiblesses de Camair-Co.

Des sources internes à Camair-Co expliquent que le gros porteur (Boeing 767) ne sera de retour que d’ici la semaine prochaine. La Compagnie aérienne nationale n’aura finalement pu assurer que deux vols sur Paris, mercredi 02 septembre dernier. Ce après un mouvement d’humeur de plusieurs dizaines de passagers de la compagnie à l’agence régionale de Bonanjo. Selon des sources proches de la direction générale de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) à Douala, l’entreprise a pu réaliser cet exploit grâce aux deux Boeing 737 encore disponibles. Et qui ont quitté Douala pour Paris respectivement à 7h du matin et à 19h, dans la soirée de mercredi. Entre temps, il a fallu que des dizaines de passagers attendent des jours pour, enfin, voyager pour l’Hexagone. Toute chose qui ne s’est pas faite sans éclats de voix.
Dimanche dernier, un passager exportateur de fruits (safous) sur Paris n’a pu digérer qu’on le fasse encore patienter, alors que ses clients attendaient d’être livrés ce même jour. Le safou étant une denrée périssable, ce compatriote, voyant les pertes auxquelles il était exposé, ne s’est pas abstenu de déclencher une véritable bagarre à l’agence régionale de Camair-Co à Bonanjo. Bilan des échauffourées, la vitre de l’une des façades de l’agence a tout simplement volé en éclats. Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour le ramener à de meilleurs sentiments.

Les responsables de la compagnie interrogés à Douala évoquent plusieurs raisons pour justifier les désagréments et autres préjudices causés aux passagers, pour la plupart des Camerounais. « La première des choses c’est que, nous sommes en période de rentrée scolaire et professionnelle en Europe. Donc, Camair-Co n’est pas la seule compagnie à connaître une véritable affluence. Ensuite, il y a un problème de coordination des différentes équipes qui accueillent les passagers.
Et enfin, le gros porteur, le Boeing 676 « le Dja » est en panne. Il est en réparation dans les ateliers d’EgyptAir depuis quelques jours, et ne sera de retour que la semaine prochaine », confie un responsable, qui ne souhaite pas être cité. www.237online.com Pourquoi Camair-Co continue-t-elle de percevoir l’argent des clients, sachant qu’il n’y a pas assez d’avions pour couvrir la ligne de Paris ? « Votre question est pertinente. C’est vrai qu’il y a un problème de coordination des équipes marketing à l’interne, mais je peux vous assurez que nous
travaillons dans ce sens », explique un cadre de l’entreprise publique. Ensuite, comment expliquer une telle situation, lorsqu’on sait que Camair-Co a reçu récemment un prêt couvert par l’Etat, estimée à 25 milliards de FCFA ? « Concernant le financement de 30 milliards de FCFA, je puis vous assurer que les avions ont été commandés. Cela prend du temps, car c’est toute une procédure. Vous savez pertinemment que l’actuel DG prévoit de commander un Dreamliner 777, pour les longs courriers. Et les avions commandés seront bientôt là », ajoute notre interlocuteur.
Pourtant le ciel n’annonçait pas une si mauvaise météo pour Camair Co, qui semblait voler vers un avenir plus rassurant, poussé par des vents favorables. Face à ses problèmes de trésorerie, l’Etat s’est porté garant pour un prêt auprès d’un consortium de banques conduit par Ecobank de 25 milliards en juin dernier. Seulement, cet argent n’a manifestement pas encore été entière débloqué pour financer le plan de relance de 30 milliards proposé par le directeur général Jean Paul Nana Sandjo. Des informations glanées au ministère des Transports indiquent que le gouvernement a instruit un audit de l’entreprise avant tout déblocage des fonds. Tout comme il aurait demandé à un cabinet d’experts de lui proposer un autre business plan, qui lui permettrait de le comparer à celui de Jean Paul Nana Sandjo, avant son exécution. Raison pour laquelle le Dg de Camair Co a été aperçu au ministère des Finances à Yaoundé hier ? Sans doute.