Cameroun: Le Camerounais Tumenta Chomu, commandant des «casques bleus» de l’ONU en Centrafrique, soupçonné d’abandon de poste

Le bi-hebdomadaire Aurore plus annonce qu’il se serait réfugié aux Etats-Unis d’Amérique. Le journal indique que le président Paul Biya «serait dans tous ses états».

Dans son édition du vendredi 13 novembre, Aurore plus, le bi-hebdomadaire paraissant à Douala s’intéresse à la situation du général Martin Tumenta Chomu, le camerounais qui commande les forces de l’Onu en Centrafrique, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique. Le journal affirme  qu’il est « porté disparu depuis plusieurs semaines ». Le diplômé de l’Ecole militaire inter-armes (Emia) de Yaoundé n’a pas été vu à la cérémonie de décoration et de promotion aux grades supérieurs des éléments du bataillon camerounais de la Minusca, le 15 septembre 2015. L’on apprend que l’absence du haut-gradé de l’armée camerounaise « laisse dubitatifs les différents commandants des pays qui ont déployé des troupes dans cette mission onusienne de maintien de la paix ».

L’auteur de l’article, le directeur de publication Michel Michaut Moussala, indique que l’absence de Tumenta Chomu préoccupe d’autant plus que le contingent qu’il commande est empêtré dans des soupçons de scandales sexuels et de trafic de pierres précieuses « qui font grand bruit ». Le chef des militaires de la Minusca est présenté comme un des membres de l’équipe chargée d’enquêter sur ces faits, sensibiliser les troupes impliquées et prendre immédiatement des mesures préventives et disciplinaires. Aurore Plus croit savoir qu’il « serait parti de la Rca officiellement pour les Etats-Unis pour des raisons de santé ». Pour y recevoir « des soins plus poussés  car son état de santé serait inquiétant ».

Le général Tumenta Chomu aurait déjà dépassé la durée d’absence autorisée. Pour cette raison, craint Aurore plus, le patron de la Minusca  risque d’être accusé de « désertion » avec toutes les conséquences qui pourraient en découler. « Une désertion en temps de guerre mériterait d’être traduite devant la cour martiale. Et le secrétaire général de l’Onu devrait le démissionner, le renvoyer immédiatement dans son pays et le remplacer le plus tôt », dit une source citée par Aurore plus. Tout ceci aurait mis le chef de l’Etat en colère Paul Biya. Aurore plus écrit qu’ « informé, le président de la République serait dans tous ses états. Parce que le Cameroun frôle là un incident diplomatique ».