Cameroun : L’artiste Valsero parle des réactions à son single «Motion de soutien» au Chef de l’Etat Paul Biya

Le rappeur dit ne pas se sentir en insécurité au Cameroun.

Le dernier single du rappeur Valsero n’a pas laissé de marbre la classe politique et la société civile au Cameroun. Intitulé «Motion de soutien», l’artiste y dénonce les 33 ans de pouvoir du Chef de l’État, Paul Biya. «33 ans de dictature, 33 ans de corruption, 33 ans de népotisme, 33 ans de destruction, 33 ans de souffrance, de misère sans interruption 33 d’arrogance, de violence et d’humiliation», chante-t-il. En dépit des réactions qui lui sont parvenues, Valsero déclare dans une interview accordée au quotidien Le Jour, édition du 24 juin 2016, qu’il ne se sent pas en insécurité dans son pays.

«Ce serait faire l’apologie d’un système qui voudrait que nous vivions dans la peur. Moi, je n’ai pas envie d’être un véhicule de peur, raconter que j’ai été menacé ou que je ne l’ai pas été. Les gens savent exactement quel genre de musique je fais et à quel genre de représailles je peux avoir droit. Vous croyez qu’après ce genre de chanson on reçoit des félicitations du Gouvernement», déclare-t-il.

Concernant les réactions des hommes politiques, le rappeur fait savoir qu’il n’attend pas d’eux un certain feedback. «C’était une réponse, un mécanisme de mise à nu qui n’attendaient pas du tout un feedback de la part des politiques. J’ai lu dans la presse des réactions de quelques politiques. Ceux de l’opposition sont d’accord. Évidemment on peut bien admettre que, ceux d’en face,  ça ne peut pas les faire rire», ajoute-t-il.

On se rappelle que, Marlyse Tongo Douala Bell, la Députée du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) avait fait un certain nombre de reproches à l’artiste. «33 ans de dictature, faux !  Tu n’aurais pas pu écrire ceci. 33 ans de destruction, faux ! Tu existes. De la déconstruction conséquente aux efforts de tous pour l’émergence d’un pays démocratique, tu t’es construit. 33 ans de souffrance de misère sans interruption, nous ne sommes pas les pires en Afrique subsaharienne. Maintenant, cela ne nous dédouane pas», avait-elle écrit.